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 Petit séjour en prison ~

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Road Shokkeru
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MessageSujet: Petit séjour en prison ~   Mer 3 Mar - 22:21

    Après le moment où il avait tenté d'étrangler Harkonnen, la mémoire de Road était vide. Il ne se souvenait pas de ce qu'il s'était passé exactement. C'était flou, mais il pouvait à peu près concevoir la situation. Il était enfermé derrière des barreaux. Donc, conclusion, Harkonnen l'avait eu. Mais dans quelles circonstances? Lui-même avait du mal à se remémorer les faits. Il avait pourtant toujours eu une mémoire stupéfiante, et pourtant, cette fois... enfin vous me direz, quand on vient de se faire assommer, ce n'est pas toujours évident de se rappeler ce qu'il s'est passé avant. Bon, il y avait déjà le décor, c'est pas mal. La bibliothèque en bordel, le gosse agonisant et baignant dans son sang, le charmant public de lecteurs trop apeurés pour bouger... bon... une assez mauvaise ambiance en perspective. De plus, il avait encore la tête dans le brouillard, un tel coup de crosse de revolver dans la tempe, on ne s'en remet pas si rapidement. Et en plus, ce n'était pas le premier de la journée qu'il se recevait. Il grogna, se redressant de façon à se retrouver en position assise, et se rendit alors compte qu'il avait un mal de crâne absolument insupportable. Pire encore, ses mains étaient enchaînées, et de façon à ce qu'il ne puisse pas les rejoindre, donc aucun moyen de se délier avec l'alchimie. La cellule était petite. Froide. Et sombre en prime. Il n'y avait aucune fenêtre, la seule petite ouverture qui lui procurait de la lumière était la petite ouverture carrée qui était dans la porte. Ouverture avec des barreaux, naturellement. Mais de toute façon beaucoup trop petite pour qu'il puisse y passer ne serait-ce que sa tête.

    Puis ce fut une douleur ardente à la mâchoire qui survint. On peut dire qu'il s'était bien fait démolir, pour le coup. Mais il ne considérait pas vraiment cela comme un échec. Ce n'est pas comme s'il s'était battu contre Harkonnen à égalité, non plus. Comme il l'avait précisé, il était loin d'être au top de sa forme, et évidemment, ça ne l'avait pas aidé à s'en sortir. Et de plus, cette soudaine panne de batterie inexpliquée l'avais mis dans une sale position. Parce que le Lieutenant Général l'avait assez pris au dépourvu, il ne s'était pas tellement attendu à ce qu'une enragée lui saute littéralement dessus. Mais l'histoire ne s'arrêtait pas là. Non, il avait la ferme intention de lui rendre la monnaie de sa pièce une fois sorti de ce trou.

    En y repensant, il y en avait un qui allait l'attendre longtemps. Pour rien. À vrai dire, Road n'avait pas vraiment anticipé cette perspective. C'était la première fois de sa vie qu'il se retrouvait derrière les barreaux. Peut-être même qu'il n'était pas en prison ? Qui sait... enfin, c'était évident qu'après s'être fait choper pour avoir massacré un jeune garçon, évidemment, il n'envisageait pas d'être interné ailleurs.
    Il était encore, disons, dans un état second. Et un peu vidé de son énergie. Car le fait d'être assommé ne lui avait pas fait récupérer... surtout quand on vous balance dans le fond de la cellule sans délicatesse, vous laissant vous écraser sur le ciment froid de la prison. Et avoir les mains enchaînées, ce n'est pas très plaisant non plus. C'était rare que Road se fasse traiter ainsi. Il faut dire qu'il ne s'était jamais fait attraper avant. Et lui qui avait grandi dans un milieu plutôt riche, le minimum aurait été un fauteuil. Mais là, non, rien de rien. Cette cellule était vide, ou du moins d'après ce qu'il voyait grâce à la faible lumière qui lui parvenait de l'extérieur à travers les petits barreaux de la petite fenêtre de la grande porte en acier qui l'enfermait dans ce ridicule petit espace de deux mètres carré.

    Tout d'un coup, un arrière goût de fer lui envahit la bouche... il laissa son liquide vital baigner sa langue inconsciemment, comme s'il ne l'avait même pas remarqué. Il avait un certain mal à reprendre ses repaires, pour l'instant. Il fallut qu'il manque de s'étouffer pour qu'il recrache enfin son sang. Ce qui le ramena un peu plus à la réalité. S'il pouvait avoir un verre d'eau pour se rincer la bouche, ça ne serait pas de refus. Et tout ça promettait une visite chez le dentiste dans pas longtemps. Et Road... détestait le dentiste.

    Il se releva maladroitement après avoir doucement repris ses esprits, se dirigeant vers la porte de la cellule. Son regard écarlate parcourut le couloir, et il en conclut qu'il était effectivement dans une prison. On pouvait distinguer d'autres cellules, et avec des prisonniers qui râlaient. Rien que des petites frappes. Les criminels qui se plaignent ne sont que des amateurs de toute façon. Il attendit patiemment que le premier militaire venu se pointe afin de formuler une demande qu'il avait à faire, car oui, monsieur se permettait d'avoir des exigences. Lorsqu'il en vit un, il l'interpella en frappant sur la porte d'acier dans un bruit sourd.


    « Excusez-moi ? Cette cellule n'est pas à mon goût. »

    Quitte à être en taule, autant l'être dans le luxe hein.
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Ven 5 Mar - 5:05


Yann-Loic Mervay
Enquêteur de la police militaire

    Depuis le début de sa carrière, le mec en avait vue des vertes et des pas mures; de l’épouse qui abat son homme pour du blé au kidnapping-suicide afin d’attirer l’attention sur le machiavélisme de sa petite personne, pour que cette dernière ne disparaisse pas dans l’indifférence… Mais cette affaire-là, c’était un cas. D’ailleurs, tous ses collègues ne parlaient que de ça depuis que c’était arrivé; de la grande Lieutenant Général qui était parvenue à régler son cas à un petit salaud de campagnard. Il n’avait d’abord pas compris en quoi la situation était particulière – des cons, Harkonnen en butait dès que l’occasion se présentait – ni pourquoi on lui avait autant fait la fête lorsqu’on avait annoncé que lui, Yann-Loic, avait hérité du dossier et de la tâche d’interroger le con en question. À présent, il comprenait.

    Ce dossier lui donnait des sueurs. En acceptant de s’en charger, il n’avait pas pensé avoir affaire à plus qu’un jeune homme désespéré et un peu bébête, un gamin tout au mieux capable de tuer pour se remplir l’estomac lorsque le besoin se faisait sentir. Il avait, par ailleurs, ouï dire que le tout s’était passé dans une bibliothèque, et pour lui, bibliothèque = sans-abris. Quant à lui, ses collègues étaient idiots de faire toute une histoire pour ce genre d’incident. Mais ses sources avaient perdu de leur crédibilité lorsqu’il avait appris, en premier lieu, que le tout s’était passé à LA bibliothèque de Central. Ce que LA bibliothèque avait de plus que toutes les autres, il l’ignorait. Il savait seulement que pour les alchimistes d’état – entre autre – elle signifiait beaucoup. C’était, par ailleurs, un endroit généralement bien gardé. La suite du dossier annonçait qu’à telle heure, un homme dont l’âge avait été estimée autour de vingt-cinq ans était entré dans la bibliothèque et avait agressé l’une des employée – laquelle s’était remise et dont il possédait la déposition – avant d’abattre de sang froid un gamin (quatorze, quinze ans tout au plus), puis finalement de s’en prendre au Lieutenant Général, laquelle était intervenue puisqu’elle était présente sur les lieux au moment du meurtre. Le plus horrifiant, hormis le fait qu’un homme puisse ainsi tuer un adolescent dans une telle violence, c’était bel et bien le motif; une montre. Du moins, c’était ce qu’avaient rapporté la plupart des témoins; ''l’homme s’est avancéentre les rangées de livre, y foutait le bordel et y faisait beaucoup de bruit, puis quand il a croisé le gamin il l’a sauvagement attaqué et laissé là, en sang, après avoir pris de sa poche … ''

    «… une montre. Ce mec est pété grave. »

    Il venait de terminer la lecture du dossier pour la troisième fois. Légèrement sous le choc et interloqué, l’enquêteur s’installa sur son siège et se gratta nerveusement le menton. Puis il eut le réflexe de plonger la main dans sa poche pour en sortir son lighter et un paquet de cigarette, mais sa voisine de voyage lui rappela gentiment qu’il lui était interdit de fumer dans le train. La joie. En tant que bon membre des forces de l’ordre, il rangea donc son paquet bien gentiment et commença à allumer et éteindre son briquet pour faire descendre le stress. Pendant un moment, il trouva curieux que la dame n’ait pas passé de commentaire quant à sa précédente remarque, qu’il avait passé à voix haute et dans le vide. Il tourna le regard vers elle, pour s’apercevoir qu’elle louchait sur la paperasse qu’il avait sur les genoux. Il s’empara des feuilles et les rangea dans sa valise, avant de s’excuser d’un;

    « D’solé ma’am, mais c’est confidentiel. »

    À ce moment, le train se mit à ralentir, et il se leva pour descendre. D’un geste de la main, il salua sa compagne de voyage et lui souhaita bonne route avant de quitter d’un pas rapide en direction du pénitencier. On l’y attendait, et ce, depuis un moment déjà, et dès son arrivée certains responsables vinrent lui parler, entre autre du prisonnier qu’il devait interroger, mais surtout pour s’informer; ils semblaient croire que lui-même en connaissait plus qu’eux sur l’affaire. Ce qui n’était pas le cas; mis à part peut-être l’histoire de la montre, or il ne se sentait pas responsable de leur préciser ce détail. Il fit toutefois mine de se prendre au jeu, plutôt amusé par tant d’ébahissement. Décidément, cette histoire ne laissait personne indifférent! La discussion se prolongea un moment, puis il demanda à se rendre auprès du prisonnier, ce à quoi on lui répondit que le taré ronflait toujours. Il en profita pour tirer une cigarette de sa poche et sortit la fumer avec une vieille connaissance. Cinq minutes plus tard à peine, on vint lui annoncer que la belle avait enfin ouvert ses doux yeux.

    Il écrasa son mégot sur le mur de brique du bâtiment puis le jeta par-dessus son épaule avant de retourner à l’intérieur, d’où on l’escorta jusqu’à la cellule de chose. L’homme était debout devant les barreaux, et l’enquêteur fut impressionné dès le premier coup d’œil par le vermeil de son regard. Il n’en laissa toutefois rien paraître; l’un des avantages du métier. Après tout, si l’interrogé parvient à identifier son bourreau de par ses réactions, l’interrogation ne peut plus conduire qu’à un échec … il faut donc se cacher. Belle s’était montré attentif à leur arrivée; il les avait aussitôt repérés. À leur approche, il avait exigé comme si s’eut été normal qu’on l’installe dans une cellule plus confortable. Celle-là ne lui plaisait pas.

    « Je suis confus; cette cellule est pourtant notre plus luxueuse … Cela vous rendrait-il les choses plus supportables si nous posions un chocolat sur votre oreiller tous les soirs? »

    La bouche en n, il s’était approché de machin en haussant les sourcils avec l’air de celui qui se prend de haut. Il lui était déjà arrivé de mépriser des gars au premier regard, mais jamais avec autant de force que pour celui-là.

    « Je suis l’Enquêteur Mervay. Et vous êtes? »

    De la main, il fit signe aux autres de les laisser seuls; un homme devait le rejoindre dans une dizaine de minutes pour escorter Monsieur jusqu’à la salle aménagée pour l’interrogatoire. D’ici là, il avait du temps à tuer, alors autant essayer de voir s’il se montrerait coopératif. Avec ce genre d’homme, on peut s’attendre à tout. Si ça se trouve, il était fier de ce qu’il avait fait et n’hésiterait pas à tout déballer. D’un côté, ça l’arrangeait ainsi. En même temps, l’envie de le tarter un peu était pratiquement irrésistible, d’autant plus qu’il en avait le pouvoir… Bref. Advienne que pourra.


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Road Shokkeru
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Ven 5 Mar - 23:17

    Road n'était pas vraiment informé de la suite des événements. On ne lui avait rien dit, comme si c'était tout ce qu'il y avait de plus normal. Il était pourtant le principal concerné par cette affaire. Encore une connerie qui allait faire le tour de Central en une journée. Dès qu'il levait le petit doigt pour remettre quelqu'un à sa place, ça se terminait toujours en polémique de toute façon. Mais pour le coup, c'était la première fois qu'il se faisait choper. Le plus amusant, c'était que ces militaires ne savaient même pas qu'ils venaient d'arrêter l'un des pires criminels de tout Amestris. Non, ils le considéraient seulement comme une vermine qui n'a pas assez de conscience pour oser s'en prendre à une femme et un enfant. Oh, il en avait tué déjà beaucoup, et le fait de s'attaquer à plus faible que lui ne le dérangeait pas le moins du monde. Même s'il préférait largement les cibles plus difficiles comme Harkonnen. Quoi qu'il en soit, pour l'instant, il se demandait simplement ce qu'il allait advenir de lui dans les prochains jours. Et les deux autres glandus qui l'avaient attendu pour rien... il fallait qu'il trouve un moyen de s'échapper, dans tous les cas. Mais s'évader d'un tel endroit sans aide et sans possibilité de pratiquer l'alchimie à cause de ses chaînes était peu envisageable. Il lui faudrait trouver une faille à un moment où éventuellement on ouvrirait la porte de sa cellule. Après tout, les militaires le prenaient à la légère, ne sachant pas qui il était. C'était plutôt positif d'avoir su rester discret pendant ces quatre longues années de célébrité. Et ça allait continuer. Jusqu'à ce que l'on découvre l'identité de R. Mais c'était pas gagné. Un léger sourire inquiétant s'afficha sur le visage de Road.

    Il entendit des pas raisonner dans les couloirs. Et ça ne pouvait qu'être des militaires. De toute façon, il n'y avait généralement rien d'autre que des militaires dans les couloirs d'une prison. Ses prunelles rouges se dirigèrent vers eux, alors qu'ils arrivaient. D'après lui, ces hommes faisaient juste les cent pas, mais non, ils s'arrêtèrent tous devant une cellule. Pas n'importe laquelle. Sa cellule. Tiens donc. Finalement ça ne l'étonnait même pas. Combien de temps s'était écoulé depuis le meurtre du gosse? Il n'en savait rien... et il n'avait aucune envie d'y réfléchir, tant son mal de crâne lui tiraillait les neurones. Mais il ne s'attendait pas vraiment à ce qu'on le laisse croupir dans sa cellule sans même chercher à comprendre. Que c'était passionnant la criminologie... et dire qu'il y avait des gens qui passaient leur vie à étudier la psychologie des tueurs... c'en était pathétique, quand on sait que ces gens-là ne sont pas si différents des autres. Les gens normaux, comme ils disent. Parce que les criminels sont anormaux? Oui, sans doute. Sinon on ne les bourrerait pas d'interrogatoires à longueur de journée. On se serait vraiment cru dans un zoo, malheureusement, il semblerait que Road soit juste du mauvais côté des barreaux. Il dévisagea l'homme en face de lui avec un air mauvais, de l'autre côté de cette ferraille inutile qui lui bloquait la sortie.

    Cet homme semblait montrer de l'indifférence. Effectivement, les militaires se comportaient souvent de cette façon-là. Ils avaient une éducation bien trop droite. D'habitude, les yeux rouges de Road et son regard d'assassin déstabilisait les gens, et cette fois, il n'en était rien. Être considéré comme une petite frappe sans intérêt était des plus humiliants. Mais il n'avait pas vraiment le choix. Ce qui avait le don de l'irriter, par contre, était ce dédain qu'avait le type en face. Pour qui se prenait-il? Les gens qui se permettaient de le prendre de haut de cette façon le regrettaient, en général. Road avait une bien trop grande estime de lui-même pour se laisser faire ainsi. Alors que l'autre lui faisait une réflexion des plus déplaisantes, il leva légèrement le menton pour lui renvoyer à la figure son air hautain, l'observant d'un air cynique. S'il croyait pouvoir gagner à ce jeu-là, il se trompait. Personne ne fait tomber le chasseur dans son propre piège, après tout...
    Un chocolat sur l'oreiller? La bonne blague. L'une des deux mains métalliques de Road se posa sur un barreau de la cellule d'un air menaçant. Tapotant légèrement le métal du barreau avec un rythme stressant, il attendit quelques instants avant de lui répondre..


    « Mmh... s'il y a moins luxueux que cette cellule, je demande à voir, monsieur... et je vous conseille de commencer par investir dans des oreillers avant de songer à y mettre des chocolats. »

    En effet, il eût été étonnant que cette cellule soit la plus confortable de la prison, dans la mesure où elle était vide. Mais peu importe. De toute façon, Road ne comptait pas y rester très longtemps. Et il savait bien que ses deux nouvelles connaissances viendraient le chercher. Il se doutait bien que ça ne dérangerait pas Robert de le laisser moisir dans ce trou, mais pour ce qui est d'Alice, il n'en était pas si sûr. Il suffirait même qu'Alice vienne seule pour qu'il puisse s'enfuir. Quand on a une intelligence hors du commun et qu'on sait s'en servir, tout est possible, même le truc le plus improbable qu'on puisse imaginer. Rien n'est impossible pour Kim possible! Il avait eu quelques minutes pour éplucher deux ou trois idées d'évasion, mais s'il était seul, elles étaient impossibles à réaliser. Pour l'instant en tout cas. S'il n'avait pas ces chaînes, cela ferait longtemps qu'il serait parti d'ici en y laissant sa marque de fabrication.

    Finalement, Road croisa les bras et se retourna afin de tourner le dos au militaire, s'appuyant contre les barreaux de la cellule. Il ignora presque son existence. Il ne fallait pas compter sur lui pour être coopératif en général. Il n'avait rien contre l'armée, rien de plus que contre les civils en tout cas, mais c'était dans sa nature, point. Il ne fallait pas chercher plus loin. De toute façon, les choix des militaires étaient les leurs, ça ne regardait qu'eux-mêmes s'ils avaient choisi cette voie. Puis le monsieur se présenta. Oh tiens. Road ne put s'empêcher de sourire dans l'ombre, sans même prendre la peine de se retourner pour montrer qu'il lui témoignait ne serait-ce qu'un peu d'attention. Mais soyons clair là-dessus, il se foutait complètement de ce type. En revanche, le fait qu'il se présente comme étant un enquêteur avait une signification. Oui, ça ne l'étonnait pas qu'on lui envoie un enquêteur au cul pour l'interroger à n'en plus finir. Eh bien, peut-être qu'il préférait dormir par terre au fond de sa cellule au final.


    « Vous n'avez pas besoin de savoir qui je suis... »

    Road ne donnait jamais son nom. Il ne l'avait même pas donné à Robert. La seule personne qui avait eu cette opportunité, c'était Alice. Et pourtant il n'avait pas l'habitude de le dire à une totale inconnue... mais le destin en avait décidé autrement, visiblement. Et franchement, les militaires étaient les dernières personnes à qui il daignerait offrir le privilège de connaître son nom.
    Et en fin de compte, il se retourna, posant ses mains sur les barreaux. C'était étrange d'être enfermé. Les sourcils froncés, il reposa son regard écarlate sur l'homme qui semblait attendre quelque chose, mais allez savoir quoi...


    « Je peux savoir ce que vous attendez de moi, au juste...? Et est-ce que vous auriez l'heure ? Ma montre est tâchée de sang... »

    Un léger sourire s'esquissa sur ses lèvres, alors qu'il se satisfaisait de sa provocation. Non, il ne regrettait son acte en aucun cas. Et il comptait bien le faire comprendre à cet enquêteur qui semblait vouloir jouer au plus dur avec lui.
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Ven 12 Mar - 5:17

Maître du jeu a écrit:

Yann-Loic Mervay
Enquêteur de la police militaire


    « Désolé. Tout le budget pour la déco' de votre cage à lion est passé dans l'achat d'un cercueil pour le gamin que vous avez massacré. »

    Chose avait de l'éducation. Dans son parlé, Mervay reconnaissait aisément un français qu'on associait plus souvent à l'aristocratie qu'à la classe moyenne. Par ailleurs, il avait cru reconnaître dans le regard hautain de son vis-à-vis la prétention qu'affichaient bien souvent les gosses issus de richissimes familles. Un regard pédant, commun chez les détenus dits de bonne famille. Des gens qui refusent normalement d'accorder le moindre tort à leurs actions pourtant on ne peut plus délinquantes. Chose refuserait-il de reconnaître que de saigner un gosse dans une bibliothèque était passablement condamnable? Dans tous les cas, ses belles paroles avaient suffis à semer le doute dans son esprit, quant à l'individu qui se tenait devant lui. Face à ce langage soigné, l'enquêteur s'était mentalement monté deux scénarios.

    • Sois, le gars était bel et bien issu d'une riche famille et il faisait montre de ses talents linguistiques pour impressionner les forces de l'ordre. En tel cas, de mettre un nom à son visage serait chose facile. Par la suite, ils pourraient déterminer s'il avait déjà un dossier et des antécédents criminels, et ainsi peut-être lui adjuger une peine encore plus sévère que ce qui l'attendait déjà.

    • Sois, Chose était quelqu'un d'intelligent. Quelqu'un de suffisamment intelligent pour manipuler agréablement les mots afin de se soustraire à sa propre culpabilité. Ou alors tout simplement pour faire chier. Quelqu'un, aussi, d'assez brillamment dingue pour être capable de tuer un gamin pour une montre.

    Mervay aurait aimé pouvoir se dire que la situation penchait davantage vers l'option un, mais s'aurait été se mentir et, du même coup, nuire à son travail. Car, de ce qu'il savait, la vérité l'orientait davantage vers son deuxième choix. Or, il savait par expérience que les fous intelligents étaient plus redoutables que les fous tout court. Un débile aussi déséquilibré et con que ses pieds causait un problème dans le sens où il n'usait normalement d'aucune logique pour tuer, mais ils étaient aussi les cas les plus aptes à se venter de leurs exploits, et les moins complexes à comprendre. Les criminels intelligents, eux, nécessitaient un déploiement phénoménal d'efforts mentaux. Ils agissaient sur leur comportement pour ne pas laisser la chance aux autorités policières de cerner leur manière de penser, et ils faisaient montre de merveilles d'ingéniosité pour manipuler jusqu'au plus talentueux des enquêteur. Mervay était d'ailleurs déjà tombé pour l'un de ceux-là. Depuis, il s'en méfiait. Son seul espoir demeurait toutefois dans l'attaque inconsidérée du gars sur un gamin, en publique et en plein jour. Il ne pouvait croire qu'un criminel réellement ingénieux se soit adonné à une pareille imprudence.

    Depuis son premier échange avec le détenu, Mervay n'avait plus quitté son sujet des yeux. Il avait remarqué, notamment, que le choc de ses doigts contre le barreau produisait un bruit creux et fort. Un automail? Ce détail n'avait pas été précisé dans le dossier. Amateurs.
    Le visage de Road le captivait; outre ses yeux rouges, son expression faciale à elle seule était terrifiante de stoïcisme. Et pourtant, si transparente, alors que le criminel tentait de lui faire ravaler son snobisme par un regard tout aussi prétentieux que celui que l'enquêteur lui avait adressé précédemment. Le mépris, voir la haine qui irradiaient de cet homme rien que de par sa tenue, c'était admirable.

    « C'est vrai. Dans ce cas je me réserve le droit de te nommer. »

    Yann-Loïc recula de quelques pas, jusqu'à ce que son dos heurte doucement le mur derrière lui. Il s'y adossa alors et plongea la main dans sa poche, en tirant à nouveau son paquet de cigarette. Il en coinça une entre ses dents et enclencha son briquet avant de ranger le tout et de souffler un nuage de fumée en direction de Road. Lequel il s'était d'ailleurs permis de tutoyer. À présent qu'il l'avait appréhendé, qu'il avait à peu près considéré le genre, il ne voyait plus la nécessite de s'efforcer à être ''poli''. D'autant plus que cette dite politesse n'était rien d'autre que de l'ironie.

    « T'as pas la forme d'un meurtrier ordinaire. T'es petit, maigrichon … »

    Tout en mordillant distraitement l'extrémité de sa cigarette, il examina le prisonnier de la tête aux pieds. Certes, les assassins n'étaient pas tous d'énormes types gonflés et tatoués, mais c'était la première fois qu'il se mesurait à un gars comme Road. Cela dit, il lui avait déjà été donné d'éprouver la force d'un bon automail...

    « Ce que je veux de toi? Rien en particulier. Je fais mon boulot... »

    Il rehaussa un sourire. Son boulot, oui, mais il y avait aussi un peu de personnel, là-dedans. Mervay avait un ado' de treize ans, un fils duquel il était fier et qu'il aimait. Du coup, il s'était avoué très sentimental face au meurtre effroyable que Road avait commis de sang froid. Certes, c'était son travail. Mais il prendrait décidément beaucoup de plaisir à tirer les vers du nez de ce pseudo-criminel qui semblait se croire plus invincible qu'il l'était vraiment.

    « Deux heures. Et cinq. »

    Rien ne servait de s'énerver tout de suite; il reviendrait sur le sujet de la montre plus tard, lorsqu'il serait parvenu à faire quelque chose du gars. Alors qu'il écrasait son mégot sous son soulier, les hommes qu'on lui avait envoyés pour escorter Road se pointèrent finalement. Obéissant à un signe de la main, ils ouvrirent la porte du fauve et s'emparèrent chacun de l'une des épaules de la bête, afin de la trainer hors de sa cellule.

    Mervay quitta son mur et précéda les trois hommes jusqu'à la salle aménagée pour l'interrogatoire. Ils y entrèrent, puis les deux nouveaux membres du quatuor ressortirent pour garder la porte qu'ils refermèrent dans leur dos, laissant l'enquêteur et le meurtrier en tête-à-tête.

    « À nous deux, p'tit lion. »

    (J'ai pris en considération que tu suivais Mervay, mais ne te gènes pas pour faire autrement; au pire je modifierai ^^)



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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Mar 16 Mar - 23:43

L'enfermement était quelque chose de très mauvais pour Road. C'était un homme qui aimait la liberté et l'espace, or là, il se trouve que cette cellule était le genre d'endroit qui entrait légèrement en contradiction avec ce côté libertin. S'il avait pu détruire ces barreaux et ces chaînes dès le début, il l'aurait fait. Et probablement tout de suite après s'être réveillé. Mais ses menottes étant soigneusement placées de façon à ce qu'il ne puisse pas joindre ses mains étaient gênantes. Très gênantes. Voyons, comment il avait fait Robert pour se libérer quand Road lui avait attaché les mains ? Il n'avait pas vraiment fait attention en vérité... en tout cas, il s'agissait d'alchimie mettant en oeuvre la combustion. Mais il est vrai que se débarrasser d'un morceau de tissu est bien plus aisé que des menottes. Surtout quand ces rats de militaires prévoient tout. La mauvaise humeur de Road finirait par refaire surface à coup sûr. Pour l'instant il se jouait bien de monsieur l'enquêteur, mais cela ne durerait pas. Il n'était pas spécialement patient et même s'il savait garder son calme en toute circonstances, il y avait des limites. Vous vous demandez si ce type a réellement des limites? Effectivement, niveau patience il en a un certain nombre. Mais quand il s'agit d'envoyer quelqu'un au dodo avec une brique sur la gueule, il n'en a aucune. Donc pour l'instant, il relativisait son impatience, du fait qu'il y avait en face de lui une proie lui convenant. Peut-être qu'il n'était pas spécialement fort physiquement, mais en tout cas, verbalement, il l'était.

Oh, le gosse qu'il avait tué méritait vraiment un cercueil? À quoi cela servait tout ce petit rituel? Pourquoi ne pas brûler le corps une fois mort et s'en tenir à ça? Road avait tué tellement de gens jusqu'à maintenant que cela s'imposait à lui comme une évidence. La vie humaine n'avait pas tant de valeur que ça finalement. Ou du moins, tout dépendait de ce que l'on en faisait. Un gamin comme celui qu'il venait d'anéantir ne promettait pas vraiment. Enfin, qui sait. Peut-être aurait-il pu devenir quelqu'un... ce sont les grands objectifs qui font les grands hommes. Peut-être y a-t-il un futur monstre au coin de la rue qui joue encore avec des poupées. On ne peut rien prévoir, après tout.
En tout cas, ce type était des plus déplaisants. Il restait contemplatif et se contentait de répondre le plus normalement du monde à la bête en cage. Il semblait être en pleine phase de réflexion intense. Tch. Faire un scandale dans Central était une chose, finir par se faire fixer de la sorte par un individu pareil en était une autre. Road était peut-être une saloperie de criminel, un véritable enfoiré bien arrangé mentalement comme on en voit peu, mais on pourrait presque dire qu'il était né avec une cuillère en argent dans la bouche. Il avait l'habitude de la courtoisie, du luxe, du respect à son égard, et là... être traité comme un chien galeux était des plus répugnants pour sa personne. Il considérait lui-même qu'il avait le sang bleu, donc tout naturellement, lui tenir tête était plus que révoltant. De cette façon en tout cas. Il avait toujours aimé la provocation, les menaces, les combats mortels qui n'engendraient strictement aucun respect mutuel, mais il y avait un minimum à tenir. Même si au fond, en y réfléchissant bien, il s'en foutait de l'esthétique de sa cellule... que de complications pour trois fois rien au final.

Aux paroles de l'homme qui suivirent, Road constata quelque chose de fort irritant. Lui aussi se permettait de le tutoyer. Les simples civils comme Alice, il s'en fichait assez qu'ils le tutoient... mais il estimait que les militaires étaient suffisamment bien éduqués pour être un minimum poli. Certes, on n'a pas toujours envie d'être poli avec un criminel aussi horrible, mais ce dernier ne voyait franchement pas en quoi le meurtre du gosse pouvait être si grave. Il avait tellement l'habitude de tuer des gens que c'était devenu tout ce qu'il y a de plus normal au monde. Et en plus de le tutoyer, il se permit ouvertement de lui annoncer qu'il allait le nommer lui-même. Oh. Eh bien soit. Qu'il fasse donc. Road l'observait, perplexe. Au sujet de la suite des événements en particulier. Qui sait ce qu'il allait advenir de la suite? On allait le fusiller, un truc du genre? Pff.. peu lui importait, dans tous les cas. Qu'on le fasse rapidement sortir de cette cellule. Ce serait déjà parfait.

Il écoutait attentivement ce qui disait l'homme. Il daignait l'écouter, vous imaginez un peu? D'un côté, il ne savait pas vraiment quoi faire d'autre.. en plus de ça, il avait un mal de crâne insoutenable et n'aurait pas dit non à un doliprane.. Enfin d'un côté, après s'être fait assommer par la crosse d'un revolver, ce n'était pas étonnant. Ah s'il chopait celui qui avait fait ça, ça allait barder. Vous pouvez me croire. En attendant, ce n'était pas vraiment sa priorité.
Lui, petit et maigrichon? Road le dévisagea avec un air mauvais. Certains criminels mesuraient environ deux mètres de haut pour cent kilos, d'accord, mais il ne faut pas exagérer. Il avait tout de même un physique plutôt imposant, même s'il ne dépassait pas la taille moyenne chez les hommes et même s'il n'était pas un tas de muscles/graisse. Ne pas perdre son calme.


« Vous avez sans doute raison. Je ne suis pas ordinaire, pas comme vous. »

Cela ne sonnait pas comme de la vantardise. Non, il énonçait ça comme un fait réel, une évidence. Il avait un tel charisme qu'il n'y avait qu'à le regarder pour le comprendre. Road était effectivement un homme assez particulier dans son genre.
Et il ne fit même pas attention lorsque l'homme lui fit grâce de lui donner l'heure. De toute façon, ce n'était pas vraiment l'heure en elle-même qui l'intéressait, mais plutôt la réaction qu'aurait l'autre. Rien d'intéressant au final. Des militaires amusants, il y en avait de moins en moins.. mais passons.. c'était bien le cadet de ses soucis pour l'heure. Actuellement, sortir de cet endroit était la seule chose à laquelle il pensait. Et il guettait la moindre occasion de filer à l'anglaise, donc évidemment, le moment où on le sortirait de sa cellule. Même avec les mains bloquées, il trouverait forcément un moyen de se débarrasser des militaires. Avec des jambes. Oh, quand on emprisonne un professionnel des arts martiaux, on prend tout de même soin de bloquer également ses pieds... ceci dit, il n'avait pas beaucoup récupéré de sa journée fatigante. Tant pis. Il n'aurait qu'à aviser le moment venu.

Réajustant maladroitement sa chemise blanche d'une main, il détourna enfin son regard du militaire pour se concentrer un peu plus sur sa propre personne. Il se rappela alors avec mécontentement que la veste de son costard et sa cravate étaient parties dans l'incendie. En plus de ça, sa chemise déjà légèrement fripée était un peu abîmée, avec quelques trous par endroits... notamment au niveau des manches, c'est pourquoi il les avait remontées jusqu'aux coudes de ses automails avant de se retrouver menotté. On pouvait donc clairement les voir à présent. Deux automails à la place des bras. Naturellement, en voyant ça, on en arrivait forcément à la conclusion qu'il s'était bien fait massacrer la gueule à une époque de sa vie. Deux bras en moins ce n'est effectivement pas commun... il n'y avait qu'à voir la haine qui se dégageait de lui en permanence pour le deviner. Le plus étrange, c'est que cette aura était naturelle. À croire qu'il était né avec. Peut-être était-ce le cas.

Finalement, d'autres toutous arrivèrent. Ils se tenaient tellement droit, en ligne, comme des bons chiens à leur maî-maître, c'était tellement dégoûtant. Mais tellement amusant. Road ne put s'empêcher d'afficher un sourire faussement sincère en les voyant arriver. Un sourire rempli de mépris. Mais il ne fit aucun commentaire, il estima que ce n'était pas la peine. Qu'y avait-il à dire, de toute façon? Les militaires devaient bien savoir ce que les gens pensaient d'eux, à force. Même s'il faut avouer que Road avait un point de vue assez particulier sur le monde... un point de vue alterné par rapport à ce que veut la logique, mais bon... on n'y peut rien. Immobile, il les observait du coin de l'oeil, sans rien dire. Presque muet. Mystérieux. Il ne laissait rien paraitre. Il eût tout le loisir de voir que ces hommes étaient venus pour ouvrir la cellule et l'en sortir. Mais pas de la manière la plus douce... leurs mains s'abattirent sans la moindre délicatesse sur ses épaules, le tirant en dehors de la cellule, comme s'il ne savait pas le faire tout seul comme un grand. Il grimaça, se laissant embarquer malgré tout. Vivement qu'il sorte d'ici, tout de même...

Il était bien finalement, dans sa cellule, la joue posée sur le béton froid du ciment du sol de la prison. Mieux que debout, dans tous les cas. Il eût un vertige, d'un coup. Ce n'est pas que Monsieur était une petite nature. Disons simplement que Monsieur s'était pris une série de coups bien placés toute la journée. Il n'y avait eût que le baiser d'Alice sur sa joue qui avait été à peu près apaisant. Le reste, recalé. Road était un être humain, malgré les apparences, et bien qu'il soit un véritable monstre sans pitié, bon. Forcément, il flanchait. Il s'arrêta d'avancer quelques instants, le temps de reprendre ses esprits, pour qu'on finisse par l'emmener dans cette foutue sale d'interrogatoire. Il ne voyait pas d'autre raison à ce qu'on le sorte de sa cellule, de toute façon. Une fois arrivé, on le laissa dans cette petite pièce déjà plus luxueuse que sa cellule puisqu'elle était meublée d'une table et de deux chaises, avec l'enquêteur. Road toisa ce dernier avec un air froid, lui signifiant que cette situation lui déplaisait fortement. Puis il s'installa sur une chaise, soulagé de pouvoir s'asseoir suite à son petit mal-être furtif. Ils n'étaient plus que tous les deux. C'est fou ce que l'armée peut être imprudente.

Road prit ses aises, s'installant confortablement sur sa chaise, pour ensuite poser ses pieds sur la table. Ce que pouvait en penser l'enquêteur sur ses bonnes ou mauvaises manières, oh, peu lui importait. Il le dévisagea d'un regard sournois. Pourtant il ne souriait pas. Il n'affichait aucune expression apparence. Il n'y avait qu'à le voir à travers ses deux prunelles écarlates.


« Le surnom « p'tit lion » n'est pas très approprié si je puis me permettre... pour qui me prenez-vous au juste? »

Gros lion aurait été mieux en effet... enfin, il n'appréciait pas quand on osait le nommer par autre chose que "monsieur". Donc excusez-moi mais, que diable, il était normal qu'il réagisse à cet affront.

« Bon... allez-y, je vous dirai tout ce que vous voulez savoir. Je n'ai rien à y perdre, et de toute façon, je ne compte pas rester ici très longtemps. » déclara-t-il sur un ton cynique.


Dernière édition par Shokkeru Road le Dim 28 Mar - 21:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Sam 27 Mar - 18:43

Maître du jeu a écrit:

Yann-Loic Mervay
Enquêteur de la police militaire

    Une fois les deux gardes sortis de la salle aménagée, Mervay laissa à son petit lion la possibilité de prendre ses aises comme il lui plaisait. L’homme étant enchaîné et l’espace de la pièce étant très restreint, l’enquêteur ne s’inquiétait absolument pas pour sa propre sécurité. Par ailleurs, et malgré ses belles paroles, Road lui avait semblé plutôt fragile sur ses jambes. Rien de moins surprenant, toutefois, après un pareil coup. Il n’avait jamais rencontré homme ou femme – criminel comme policier – qui ait récupéré rapidement d’un coup de crosse de révolver sur le crâne. Lui-même en avait déjà fait l’expérience quelques années plus tôt, alors qu’il faisait encore partie de l’une des équipes d’intervention. Se souvenant du terrible mal de tête, des nausées et du monde qui tournait autour de lui-même des heures après s’être fait frappé, il ne cru pas nécessaire de se méfier davantage de son gentleman, même si aucun barreau ne les séparait plus, à présent. Ainsi, il le regarda hisser ses pieds sur la table avec un regard désolé, comme si cette grossièreté l’incommodait. Ce qui n’était pas le cas, mais ainsi il tenterait de constater de quelle manière le criminel souhaitait le prendre. Ainsi, si Road adoptait avec lui une attitude provocante, il serait en droit de le marquer en tant que source d’erreur. Le comportement des criminels envers les policiers en disait souvent long sur leur témoignage, et ce dernier pouvait facilement être remis en question pour cette simple raison. Or, un témoignage jugé incertain alourdissait plus souvent qu’autrement la peine du prisonnier.

    Yann-Loic alla s’asseoir à son tour, contournant la petite table pour faire face à Road. Puis, il sortit la paperasse qu’on lui avait fourni quant à ce dossier et l’étendit devant Road afin de lui permettre de lire.

    « Tiens. C’est l’un de tes droit : l’accès aux dossiers te concernant. »

    Il continua de fouiller, sortit crayon et carnet pour prendre en note les réactions physiques de Road ainsi que ses propres observations et les déposa sur la table. Puis, il tira de sa valise un petit magnétophone qu’il installa près de lui. Il y inséra une cassette vierge, puis mit aussitôt l’appareil en marche, avant de jeter un coup d’œil à Road.

    « Surtout, sens-toi libre de me dire si t’y trouves de l’information inexacte. C’est toi l’expert, après tout. »

    Il lui adressa un sourire un peu gaillard et sortit de sa poche briquet et cigarettes. Il en coinça une entre ses dents et l’alluma en attendant que le criminel ait terminé sa lecture – à considéré qu’il s’était bien donné la peine de lire …
    Puis, il s’appuya sur les deux pattes arrières de sa chaise et darda un regard lourd sur Road, le nez légèrement plissé avec dédain. L’interrogatoire allait bientôt commencer, et il ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. Jusqu’alors, il avait fait la connaissance d’un Road froid et calme, un peu mou dans son semblant d’humour pourri et surtout, prétentieux. De son expérience, Mervay retenait que les gens qui se croyaient au dessus des autres coopéraient rarement. Serais-ce encore une fois le cas?

    « Pour qui je te prends? Pour rien en particulier, si tu veux savoir. Un autre pauvre type qui n’a pas reçu les soins nécessaires. Un autre dérangé qui circule librement dans les rues de Central alors qu’il devrait être interné. »

    Il récupéra sa cigarette et tourna la tête pour éviter d’en souffler la fumée en plein dans le visage de Road, avant d’en secouer la cendre sur le sol, puisqu’on avait omis de lui fournir un cendrier. Ses derniers mots avaient été prononcés avec lassitude. Dans les derniers mois, il avait interrogé cinq criminels semblables à Road, tous des hommes qui s’imaginaient que leurs actes étaient parfaitement acceptables, qui se croyaient dans le droit de retirer la vie d’autrui sans pour autant mériter de conséquence. Des gens pour lesquels on avait, par la suite, diagnostiqué de sérieux troubles mentaux. Deux d’entre eux souffraient d’un dédoublement de la personnalité : ils avaient été enfermés et recevaient à présent des soins spécialisés. Deux autres avaient perdu la tête suite à leur emprisonnement. On avait associé à leur état un mal psychologique dont le nom était si compliqué que Mervay ne s’était pas donné la peine de le retenir. Quant au dernier, on l’avait dit schizophrène paranoïde. Suite à ces interrogations, Yann-Loic avait approfondi les recherches sur les dossiers de ces cinq gars, et avaient découvert auprès des proches que des comportements étranges et inquiétants avaient déjà été remarqués chez quatre des cinq individus. L’un d’entre eux avait même des antécédents très violents – sans parler des violences sur sa sœur et son frère, il avait, enfant, pendu le chat de la famille et égorgé le lapin. Comment les proches avaient-ils pu ne pas réagir?

    Les trois derniers hommes avaient été condamnés à la peine ultime. À ce jour, seul Clovis demeurait encore dans le couloir de la mort, attendant son heure. Toutefois, Mervay était persuadé d’avoir croisé Andreas – le schizophrène – dans la rue, quelques jours plus tôt. L’homme lui avait donné assez de fil à retordre pendant son interrogatoire pour qu’il se remémore fidèlement ses traits … On lui avait tout de même assuré sa mort récente. Fusillé et atteint de plusieurs balles, dont une à la nuque. Un coup mortel. Devant son insistance, on lui avait envoyé des photos du cadavre, prises après l’exécution.
    Ça l’avait refroidit, mais Mervay ne démordait pas. Si encore ça avait été la première fois, il aurait cru à une triste coïncidence, mais … Andreas, Clodomir, Mevin, Alexander. Il savait de source sûre – des représentants de l’armée – que ces quatre noms avaient été condamnés et exécutés. Pourtant, il les avait revus, tous les quatre, après la date de leur exécution.
    Au début, il avait posé des questions. À présent, il tentait de fermer sa gueule. L’armée criait à corps et à cris que ces criminels avaient été abattus dans les plus brefs délais, tant et si bien que Mervay avait fini par comprendre qu’en insistant il se mettait en danger. Ces quatre hommes n’étaient pas morts, mais il ignorait par quel moyen. Qu’importe. Il s’arrangeait petit à petit pour mettre les choses au clair, mais il demeurait prudent. À tout moment, la souricière risquait de se refermer sur lui…

    « Très bien. Commençons par ton nom, alors. Ce serait déjà un bon début. »

    Il fronça les sourcils et plongea le regard dans celui de Road. Ce dernier venait de lui affirmer qu’il répondrait à ses questions, mais il avait déjà refusé de donner la réponse à celle-la. Recommencerait-il? Si oui, ça commençait mal pour sa crédibilité.

    « Et ta montre, tu l’as sur toi? »




Dernière édition par Maître du jeu le Mar 27 Avr - 5:00, édité 1 fois
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Road Shokkeru
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Lun 29 Mar - 19:52

Cet endroit n'était pas d'un extrême confort, comme je l'ai dit, il était donc normal que Monsieur s'installe comme bon lui semblait. Et puis finalement, la situation dans laquelle il s'était mis était intéressante. Il aurait sûrement du mal à sortir d'ici seul vu son état actuel, mais il suffirait de peu de temps avant que l'information ne parvienne à Alice, qui, quant à elle, viendrait le chercher sans réfléchir au danger. Et cette fille avait beau n'avoir aucune compétence en matière de combat, c'était une arme de destruction massive, il n'y avait qu'à voir un de ses sourires niais au moins une fois pour s'en rendre compte. Ses sourires pouvaient refroidir l'envie de combattre de n'importe qui, ce qui n'est pas peu dire. Par ailleurs, à tous les coups Robert l'aurait retrouvée, il n'y avait donc aucun souci à se faire. Il suffisait juste de patienter. Ensuite, une bonne nuit de repos, et le problème serait réglé. Et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Enfin, pas pour l'instant. Mais au moins, il n'était plus derrière les barreaux pendant un laps de temps ; l'enfermement lui était insupportable. Que la pièce soit grande ou non, peu lui importait, du moment qu'il n'y avait pas de barreaux. Il n'en demandait pas plus. Il lui en fallait peu des fois.. ou pas...

Road observa l'enquêteur sortir tout une paperasse qui semblait être tout ce qu'il y a de plus inutile. Il étala le tout devant le prisonnier, qui ne cessait pour autant de fixer d'un air sinistre l'homme qui lui faisait face. Des dossiers le concernant hein? Il ne devait rien y avoir d'intéressant donc, dans la mesure où l'armée ne connaissait même pas son nom ; ils ne pouvaient accéder, en l'occurrence, qu'aux informations récupérées à la suite du crime. Pour le moment. Car en tout et pour tout, le casier judiciaire de Road était officiellement vide. Personne ne connaissait l'identité de R. Il passerait donc pour un parfait inconnu et un criminel tout neuf, comme prévu. De toute façon, il pouvait balancer toute la vérité, il restait encore un détail très intéressant à son goût et dont il pourrait user comme bon lui semblait. Tourner les gens en bourrique était un de ses passe-temps favoris, en particulier les professionnels de l'interrogatoire... c'était amusant quand ils se perdaient dans leurs questions. Mais celui-là semblait mieux barré que n'importe qui d'autre, ce qui pimenterait la situation. Les yeux pétillants de Road ne quittèrent pas l'enquêteur, alors que sa main se levait doucement pour se saisir des papiers disposés devant lui, avant de briser le silence en faisant entendre un bruit de froissement de papier. Bien que menotté, il s'arrangea pour déchirer cette paperasse avec un calme hors du commun qui entrait en contradiction avec l'action. Sans cesser de fixer l'enquêteur. Cela voulait tout dire. À son sens, rien n'eût été plus éloquent que cet échange muet.

Il resta silencieux, n'attendant aucune réaction particulière de l'enquêteur à cet acte, l'observant tranquillement avec perplexité. Il suivait le moindre de ses mouvements, de ses paroles, sans pour autant montrer d'intérêt à l'égard de sa personne. Comme une sorte de fantôme qui vous suit comme une machine, un automate. Rien de plus qu'un pantin sans vie. Et l'enquêteur reprit la parole. Oh, il était si direct.. sa réponse fut claire sur comment il considérait le prisonnier ; un simple malade en liberté qui avait sérieusement besoin de se faire interner. Ce point de vue amusa Road. Le moindre petit détail pouvait être un instrument de jeu pour lui. Il n'y avait qu'à trouver un bon moyen de s'en servir. Et au vu de son imagination débordante, il n'y avait pas à s'en faire là-dessus. Il l'observait. Le fixait. Sans s'arrêter. Puis finalement, il récupéra ses jambes qu'il remit sous la table, avant d'appuyer ses coudes sur cette dernière. Et ce, sans quitter le regard de l'enquêteur, avec des yeux brûlant d'une flamme vive.
« Effectivement... et malgré ça, vous persistez à vouloir m'interroger... vous qui êtes un professionnel, vous devriez pourtant savoir qu'à partir du moment où un homme est considéré comme fou, malade mental, quoi qu'il dise, on n'accorde plus aucune crédibilité à ses propos... je me trompe? »

C'était vrai, Road pouvait balancer toute la vérité s'il le voulait ; peut-être qu'on ne le croirait même pas s'il avouait être R. Autrement dit, il pourrait raconter tout et n'importe quoi, cela reviendrait exactement au même. Ou pas. Il ne fallait pas prendre les militaires pour des ramollis du cervelet après tout, ce n'était pas conseillé. Et il le savait, étant un criminel haut en couleur. Il avait de l'expérience donc. Et une intelligence au dessus de la moyenne, bien qu'il soit complètement taré – les deux pouvant parfaitement concorder, d'une certaine façon. Il se redressa tranquillement, s'appuyant contre le dossier de sa chaise, les bras croisés. Que du blabla inutile jusqu'à maintenant. Les militaires étaient tellement lents, il y avait de quoi reprendre le qualificatif qu'avait employé Robert. Des limaces. Oui, les militaires étaient des limaces, l'idée était magnifiquement bien trouvée. Mais en vérité, que cela aille vite ou non, il s'en foutait. Il n'y avait là que de quoi s'occuper un peu, ce n'est pas ça qui allait déterminer s'il sortirait d'ici rapidement ou pas. L'enquêteur semblait pensif. Ce à quoi il songeait n'intéressait pas Road, mais c'était plutôt le rapport avec la situation actuelle qui le rendait perplexe. Qu'allait-il pondre comme question inutile et qui n'avance à rien? De toute façon, avec Alice, Road commençait à y être habitué, aux questionnements frivoles et totalement dénués d'intérêt.

La première question arriva. Il l'écouta avec attention, bien qu'elle ne soit pas tellement compliquée. On voulait connaître son nom hein, haha. Son nom, Road ne l'avait dévoilé qu'à Alice jusqu'à maintenant. Et encore, elle n'avait même pas eu droit à son nom complet. Par dessus le marché, c'était un type mystérieux qui savait très bien cacher son jeu, un véritable prédateur tapi dans l'ombre d'un jeune homme intelligent et présentable. Enfin, pas pour le coup – on ne pouvait pas dire qu'il était présentable, à l'heure actuelle. J'ajoute à cela le fait qu'il ait déjà refusé une fois de donner son nom, et qu'en plus cela mettrait sa carrière de criminel anonyme en sérieux danger. Oh. Mais malgré toutes ces raisons de ne pas le donner, vous n'imaginez même pas à quel point Road était imprévisible et illogique.


« Je m'appelle Road... Road Shokkeru... »

Cela pouvait porter à confusion.. en effet, il portait le même nom qu'un haut gradé de l'armée. Yuki en l'occurrence, son frère cadet. Pire encore, il s'agissait même du nom d'un alchimiste d'État, mort aujourd'hui, dont la réputation n'était plus à faire : son père. Alors forcément, dès qu'il prononçait ce nom, il ne s'attendait que moyennement à ce que l'enquêteur daigne lui accorder le moindre crédit. De toute façon, comme il l'avait lui-même précisé un peu avant, on prenait rarement au sérieux les hommes considérés comme fous. Mais Road n'était pas fou. Pas au sens de malade mental du moins. Car après tout, le seul fou au monde est l'abruti qui prétend ne pas l'être. L'Homme est né ainsi, c'est un fait. Bref, c'est tout une philosophie...

Le tic tac des aiguilles continuait, encore et encore. Un bruit à peine audible, et pourtant, si fin et délicat qu'on ne s'en lassait pas. Cette montre était d'une valeur inestimable ; elle était faite entièrement d'or, jusqu'au bout des aiguilles. Et que dire du motif gravé de fleur d'iris? Pas étonnant que le gamin ait flashé sur cette petite merveille. Mais si Road ne l'avait pas cédé à ce gosse, il comptait encore moins la confier à un militaire, si c'était l'intention de ce dernier en tout cas. Par ailleurs, était-il vraiment nécessaire de lui demander s'il avait toujours sa montre sur lui? Il ne l'avait pas quittée depuis qu'il avait tabassé le mouflet, et n'avait eu aucune raison de se débarrasser d'un pareil joyau, donc pourquoi l'avoir laissée? Peu importe, si c'était ce que voulait savoir le monsieur... de toute façon, la montre ne sortirait pas de sa poche, pas de son plein gré, quoi qu'il en soit. La chaîne en or dépassait et luisait à la faible lumière éclairant la pièce, ça ne serait donc pas difficile de la repérer. Mais peu importe.


« Je n'ai pas envie de vous répondre. »

Clair et net. Quand il était question d'un objet de valeur, la plaisanterie n'était pas au rendez-vous. Apparemment, l'enquêteur aussi s'était mis à le fixer. Road continuait. Il souriait. Ce n'était pas de la satisfaction, ni du cynisme, rien de particulier à vrai dire. Juste un simple sourire sinistre et sans vie. Et comme si cela était tout à fait normal, Son Altesse jugea bon de formuler une demande qui lui paraissait tout à fait légitime.

« Et vous? Pourriez-vous m'exempter de mes menottes? C'est très gênant.. »
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Jeu 8 Avr - 2:14

Maître du jeu a écrit:

Yann-Loic Mervay
Enquêteur de la police militaire


    Tout en déchirant le document, Road ne l'avait pas quitté des yeux. Il avait planté durement son regard dans le sien et gardait une expression grave, qui lui donnait un air colérique. Loin d'apprécier le geste, mais conscient qu'il s'agissait là d'une simple provocation, Mervay se contenta d'adresser au criminel un sourire moqueur. Le document en tant que tel, il s'en foutait: le patron en avait certainement gardé une copie. Le geste, par contre, l'agaçait sérieusement, si bien que, sa concentration étant toute à chasser la moindre trace de frustration de son visage, il se mit à frapper nerveusement des ongles sur la table. Il cessa presque aussitôt et, las d'être accoudé, s'appuya confortablement contre le dossier de sa chaise et croisa un moment les bras sur le torse, les jambes étendues sous la table.

    La conversation se poursuivit, et il n'en fallut que peu pour que Road récidive avec une nouvelle provocation, plus subtile cette fois. Cherchait-il ses points faibles? C'était l'impression que l'enquêteur avait. D'abord, les pieds sur la table. Puis, les documents déchirés et enfin, la remise en question de ses aptitudes au travail. Avait-il espéré une réaction aussi, lorsqu'il avait parlé de sa montre tachée de sang? Lorsqu'il l'avait qualifié d' ''ordinaire''? Il tâtait le terrain, guettait une faiblesse à laquelle s'accrocher, afin de le mettre en déroute. Enfin, c'était ce à quoi Mervay croyait. Et, de son côté, il faisait de même. Plus doucement. En lui posant des questions, comme il se devait de le faire. Laissant la cassette relever les réponses de surface, et cherchant à en démasquer d'autres, cachées sous les mots. Le langage corporel de Road, depuis le début de leur entretien, n'avait pas présenté trace de mensonge. Il était calme, ne semblait pas nerveux, ses traits se déplaçaient normalement selon la signification de ses paroles, et il n'hésitait pas à le regarder dans les yeux. S'il mentait, alors c'est sans prétention qu'il aurait pu se qualifier d'excellent acteur.

    « Tu te trompes. Les gens les plus brillants qu'il m'ait été donné de rencontrer étaient fous. Or, l'armée reconnaît l'intelligence. »

    Il grimaça. Oui, l'armée aimait les cerveaux, car elle en manquait. Mais irait-elle jusqu'à accepter des criminels dans ses rangs pour emplir ses effectifs de stratèges? À ses yeux, c'était inconcevable et immoral. Mais Yann-Loic avait appris à se méfier de l'armée. On ne pouvait lui faire confiance … comme à tout le reste, d'ailleurs.

    « De toutes façons, c'est la procédure, tu ne peux pas y échapper. »

    C'est triste, mais c'est tout. Au moins, ainsi tout serait bientôt fini. Pendant un moment, Mervay arrêta son regard sur celui de Road. À nouveau, ses yeux d'un rouge violent lui inspirèrent un long frisson de répulsion. Cet homme puait le mal … Et pourtant, alors qu'il était là, assis à attendre, il devait bien ressentir quelque chose, non? Craignait-il pour sa vie? Tremblait-il à l'intérieur, en pensant qu'on risquait de le condamner à mort? Ou bien se moquait-il de lui, de son obstination à lui poser ses questions? Pire encore, n'en avait-il vraiment rien à faire? Était-il aussi vide à l'intérieur que ce que démontrait son regard? L'enquêteur, à cet instant, aurait aimé pouvoir s'évader dans la tête du prisonnier, comprendre sa manière de penser, découvrir cette vie si différente de la sienne.

    « Mais je te l'accorde: au final, fou ou pas, pour toi il n'y a rien de plus que la potence. »

    Il haussa les épaules en lui délivrant l'information, comme si ça lui était égal. Mais c'était faux. Sa voix, quelques instants auparavant, avait tremblé d'une haine puissante. Il s'en foutait bien, que Chose crève. À vrai dire, il croyait dure comme fer que c'était tout ce qu'il méritait, mais à présent, il doutait de l'avenir auquel Road était vraiment promis. La mort? Ou bien finirait-il par le croiser dans la rue lui aussi, par une belle journée? C'était écœurante, savoir que des criminels de son calibre pouvaient être épargnés … et ça l'était d'autant plus, quand on pense que leur survie devait cacher une histoire bien plus terrible, étant donné que l'armée, même sous l'évidence, refusait de reconnaître l'existence de ces criminels. Combien donc avaient survécus ainsi? Cinq, dix, cent? Ou bien zéro? Peut-être que Mervay était tout simplement trop paranoïaque. Dans son métier, il n'était pas rare qu'on le devienne.

    Encore une fois, Mervay expulsa la fumée qui s'était accumulée dans son système et écrasa le mégot de sa cigarette sur la table. Puis, il se concentra de nouveau sur Road, conscient de ne pas se montrer suffisamment concentré par rapport à cet interrogatoire. Il voulait comprendre le prisonnier, parvenir à cerner son état d'esprit, donner un sens à ses gestes … mais en même temps, il se sentait craintif. Souhaitait-il vraiment entré dans l'univers d'un pareil débile, simplement par curiosité? Quelles choses horribles y découvrirait-il? À compter qu'il parvienne à quelque chose, bien évidemment … Sans même afficher le moindre indice de mensonge, Road répondit à sa première question. En toute honnêteté? Il en doutait, mais il décida de ne pas insister sur le nom de l'individu. À partir de cet instant, il serait donc ''Road'' pour l'armée et pour tous les agents de la paix.

    « Joli nom. »

    Il haussa un sourcil insouciant alors que les deux mots grinçaient dans sa bouche, comme le rire d'une hyène. En fait, il trouvait que c'était même très laid. Trop anticonformiste pour lui, qui n'était pas contre l'originalité mentale, mais qui jugeait très rapidement l'apparence physique … ainsi que les noms un peu trop flamboyants. Road … Pffeeh. À bien y repenser, ça sonnait vraiment faux. Mais bon.

    À sa deuxième question, l'interrogé se rebiffa, encore une fois. Ce que Mervay ne s'empêcha pas de remarquer. La réponse avait été ferme, comme s'il avait voulu clore la conclusion. D'un coup de crayon, Mervay marqua ''montre'' sur son calepin. S'il y avait réagit, alors il s'agissait peut-être d'un point sensible qu'il pourrait exploiter pour percer sa couverture d'assassin de glace. Il se décida donc à approfondir le sujet.

    « Très bien. Dans ce cas, me diras-tu ce qu'elle représente pour toi? »

    Il n'espérait rien de plus qu'un non aussi catégorique que le précédent, et la question était surtout destinée à provoquer une autre réaction de la part de Road. Opposé à un nouveau refus, il changerait de sujet, pour y revenir plus tard, au deuxième tour …

    Mais en attendant, Monsieur avait ses exigences. Dédaignant toute réponse directe à la demande de Road, l'enquêteur retira son arme à feu de sa ceinture. Puis, il s'appuya prudemment d'un coude sur la petite table et déposa doucement la bouche du canon sur le front de Road, en accordant à ce dernier un sourire goguenard.

    « Seulement si de ton côté tu es enclin à continuer l'interrogatoire ainsi. »





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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Lun 12 Avr - 12:32

Les réactions de Mervay fascinaient presque le prisonnier. Oui, je dis bien presque. L'idée d'attacher un quelconque intérêt à cet être dont l'existence était dénuée de sens le révulsait. Existence qui touchait peut-être bien à son terme. L'enquêteur n'avait rien fait de mal ; il faisait son travail, quoi de plus normal et de plus innocent? Road comprenait tout à fait. Mais sa seule erreur avait été de se mettre en travers du chemin d'un homme trop plein d'ambitions. Et pas n'importe lequel. S'échapper d'une prison, même sans être assisté, était largement à sa portée. Mais il ne comptait pas le faire de suite. Non, il s'amusait trop avec son nouveau compagnon de jeu... ce dernier semblait s'en amuser aussi. Ou pas. Qui sait ce que ses sourires moqueurs cachaient? Peut-être du mépris, de la haine, c'était impossible à savoir tant il cachait bien son jeu. Il n'y avait pas que l'affrontement physique qui plaisait à Road, mais également ce genre de jeu qui consiste à être le dernier à résister aux remarques cyniques de l'autre. Et si quelqu'un avait la chance de ne pas se faire assassiner par Monsieur, alors la personne en question finissait toujours par se retrouver dans cette situation. Oui, plutôt difficile à vivre le bougre, mais il n'avait jamais demandé à être jeté en prison non plus. Les militaires avaient un peu leur part de faute dans cette affaire. Eh oui, tous les moyens sont bons pour accuser l'armée.

Lire dans l'esprit des gens n'était pas chose aisée. Road l'avait bien compris depuis longtemps. Et ce cas-là était coriace. Depuis le début, leurs regards ne cessaient de se défier, de se provoquer par la seule force de leurs pensées. Et aucun des deux ne parvenait finalement à avoir le dernier mot. Et Mervay lui rétorqua ouvertement qu'il se trompait. Eh bien peut-être. Mais peut-être pas. D'un côté, on ne pouvait pas dire qu'il ait complètement tort. La folie était effectivement une porte ouverte sur une intelligence peu commune, et Road en était la preuve vivante. À la fois intelligent et complètement fou. Non, le mot fou était d'ailleurs faible, trop faible, il avait largement dépassé l'image de la folie que se fait l'Homme, et ce depuis bien longtemps déjà. C'était même indéfinissable. C'est pourquoi on pouvait tout simplement le qualifier de génie pour ne pas rentrer en ébullition cérébrale pour cause de réflexion trop intense.

Oui, il cherchait bien les points faibles, les petites failles à atteindre pour déstabiliser l'adversaire. Celui qui pensait sérieusement pouvoir gagner contre lui à ce jeu-là. Et quand bien même il y parviendrait, il finirait juste étalé au sol à baigner dans une marre de son liquide vital. Road était mauvais perdant. Il perdait rarement, mais cela pouvait arriver. Même quand il est fou, même quand il est génial, un humain reste un humain. Un simple être fait de chair, d'os et de sang. Un être si fragile... que le doigt de Dieu avait coincé contre un mur. Mais un humain au dessus de tout, selon son propre avis. C'est pourquoi il se réservait le droit d'exterminer Mervay si jamais celui-ci allait trop loin. S'il atteignait le point culminant ; toucher du doigt les points faibles de Road était une erreur à ne pas commettre. Mais c'était d'autant plus amusant qu'une personne comme lui existe sur terre, ça ne faisait que pimenter un peu la vie. Vie tellement fade. Tellement futile... car aussi étrange que cela puisse paraître, n'est-ce pas la mort qui nous fait vivre? Oh, une envie dévorante de se jeter sur l'enquêteur lui prit. Une envie de planter ses dents dans sa chair, de briser ses os et de le saigner à mort jusqu'à ce qu'il rende son dernier soupir. L'idée de pouvoir voir Mervay agoniser sous la violence de ses coups et devant une mort lente et douloureuse excitait Road. Pour le moment, sa cible principale restait le Lieutenant-Général Harkonnen, mais celle qu'il avait sous les yeux n'en était pas moins alléchante.

Il resta silencieux un moment, écoutant attentivement Mervay. Même s'il n'avait pas voulu l'écouter, il n'aurait pas vraiment eu le choix ; il n'y avait rien dans cette salle qui pouvait détourner son attention. À croire que les salles d'interrogatoire n'avaient pas été faites ainsi par hasard. Mais détourner le regard avec un air distrait et ignorer la présence de l'enquêteur pouvait être un test intéressant à expérimenter. Oh et puis, peu importe de toute façon, il verrait plus tard si ça le tente toujours. Pour l'instant, une conversation des plus passionnantes se tenait entre eux et pas question d'y mettre fin. Ou pas. Jusqu'à ce qu'il évoque le fait que Road irait à la potence dans tous les cas. Ce dernier s'en ravi fortement.


« Je sais. J'aurais été déçu de votre part si vous m'aviez dit que vous avez l'intention de me laisser croupir dans ma cellule. »

En toute franchise, savoir qu'il se ferait tuer ne l'enchantait absolument pas. Il avait beau être complètement dérangé du cervelet, comme tout être humain qui se respecte, il ne voulait pas mourir. Pas maintenant. Il était exposé au danger en permanence, il savait parfaitement qu'il pouvait mourir n'importe quand. Il n'avait pas peur de la mort. Mais il voulait vivre, tout simplement, il préférait cette alternative. Sans laisser paraître la moindre trace d'inquiétude, ce qu'il ne ressentait absolument pas par ailleurs, il continuait de fixer Mervay. Même si l'idée de crever n'était pas favorable à ses projets d'avenir, s'il devait mourir, alors tant pis. Supplier l'armée de le laisser en vie était la pire des tortures mentales pour lui. Autant crever comme un chien et n'en parlons plus. Quoi que... il en oubliait presque ses larbins qui viendraient le sauver à coup sûr. Il n'y avait que ses menottes qui le bloquaient, sinon il se serait déjà barré depuis longtemps. Et encore... deux coups de crosses de revolver en une journée, ce n'était pas sans effet, même pour un dur à cuir comme lui. Essayer de s'échapper d'une prison en chancelant aurait été une affaire plutôt délicate. Ses batteries étaient vides et il n'avait pas ses tonfas sur lui, en plus d'être affaibli par la fatigue et les coups précédemment reçus. Même s'il se débrouillait bien au corps-à-corps, il n'était tout simplement pas en état de se battre. Et Mervay avait le dessus. Si, finalement, Robert ne pointait pas le bout de son nez, c'était peut-être la fin de sa vie qui s'annonçait. Il avait déjà vu tant de gens mourir sous ses yeux. Cette souffrance, cette horreur, il n'avait jamais envisagé que cela pourrait se retourner contre lui... et qu'il subirait le même sort. Et pourtant, il continuait de sourire avec une sincérité effrayante.

Il eût tout d'un coup l'impression que Mervay accordait un certain intérêt à sa montre en or, celle pour laquelle il avait tué le gosse dans la bibliothèque. Et l'enquêteur n'avait tout simplement pas envisagé l'éventualité que Road soit un gros matérialiste qui donne plus de valeur à un objet sans vie qu'à un être humain. Cela semblait impossible pour les gens normalement constitués, et pourtant, pour le prisonnier cela paraissait évident. C'est pourquoi il n'y voyait même pas l'utilité d'y répondre. En vérité, cette montre était entièrement en or, et ce jusqu'aux aiguilles ; c'était un objet très rare et très précieux, un véritable joyau. À part ça, elle ne représentait rien pour Road. À cette idée, vous pouvez penser qu'il n'avait aucune raison de tuer l'enfant qui la lui avait volée ; il y a une part de vérité là-dedans. Pour tout dire, le vol de la montre était simplement un argument pour tuer le gosse. Road n'a pas besoin de raison pour assassiner ou tabasser à mort une personne. Il aime ça. C'est tout. Et ça ne va pas plus loin. Sur certains points, il n'est pas bien difficile à comprendre.


« Oh, si je vous disais ce que représente cette montre, vous ne me croiriez pas... Mervay... »

Il insista bien intensément sur le nom de l'enquêteur, en articulant lentement ses mots. S'il croyait que la montre représentait un point faible de Road, alors il se trompait ; mais c'était d'autant plus amusant de le guider sur cette voie et le laisser continuer de croire qu'il tenait une piste. Il l'observait. Ce type semblait être intelligent, tout de même. Peut-être devinerait-il qu'il n'était qu'un pigeon pour son interlocuteur, qui se ravissait déjà à l'idée que Mervay finisse par craquer. Mais il savait que ça n'arriverait probablement pas pour le moment. Il n'avait pas affaire à n'importe qui. C'est pourquoi cela lui plaisait encore plus que si l'enquêteur avait été une cible facile. Le dernier geste de Mervay lui prouva que la suite des événements serait encore plus intéressante. Il se mit à sourire. L'enquêteur aussi, souriait.

Le coude appuyé sur la table et le canon de son flingue posé sur le front du prisonnier, Mervay sortait visiblement la grosse artillerie. Et encore. Ce n'était pas le moyen le plus convaincant de faire cracher le morceau à Road. La menace de mort était une chose. Mettre ces menaces à exécution en était une autre. Surtout quand on sait que le but d'un interrogatoire n'était pas de pulvériser l'interrogé... sinon cela n'avait plus aucun sens. Une flamme ardente commença à animer le regard brûlant de Road qui ne cessait de fixer Mervay avec un sourire sinistre.


« Eh bien? Qu'attendez-vous pour tirer? »

Les gens qui avaient le courage de tirer une balle dans la tête d'un homme comme lui dans une situation pareille étaient rares. Même pratiquement inexistants. En gros, ce n'était pas une simple menace qui allait le faire se sentir en danger de mort. Je dirai même qu'il s'en foutait presque, de ce flingue pointé vers sa tête. Il n'y avait que Mervay qui avait la chance d'attirer son attention. Ni plus ni moins.

« Bon bon, est-ce que vous comptez accéder à ma requête? Ou est-ce que vous préférez que je vous étrangle avec la chaîne de ces menottes? »
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Lun 19 Avr - 4:43

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    Son regard n'avait pas laissé flamboyer la moindre surprise, la moindre crainte. Alors que la bouche froide de l'arme s'appuyait sur son front, Road était demeuré impassible. Comme s'il ne savait pas ce qu'était une arme à feu … Cela lui était donc égal? Ne craignait-il pas de mourir? Pas le moindre du monde? Confus et sincèrement ébranlé, Mervay échappa un grommellement en guettant le moindre indice de peur sur le visage de son vis-à-vis. Et pas besoin de réaction extrême. Une simple lueur dans son regard lui aurait amplement suffit. Mais comment reconnaître que Road était humain, si même un revolver appuyé sur sa tête ne l'effrayait pas? Si même ainsi embrassé par la mort il osait continuer de le provoquer?

    Souhaitait-il mourir?

    L'idée ne l'avait pas même effleuré auparavant, mais devant ce calme si parfait qu'il en devenait paniquant, Mervay ne put s'empêcher de se dire que peut-être qu'au fond, la mort n'était rien de plus que ce qu'il recherchait. Mais étais-ce possible? Un homme aussi combattif et fier que celui qu'il avait devant lui, aspirant à une mort aussi pitoyable? Il repoussa l'idée avec toute la force de son esprit. Puis, pour se donner plus de prestance, il appuya davantage l'arme contre le crâne du prisonnier, pour qu'il en sente bien la présence, pour qu'il réalise le danger … Mais rien n'y fit. Il demeurait si calme, si neutre, si indifférent que l'enquêteur sentit un long frisson lui remonter le long de la colonne vertébrale, jusqu'au creux de la nuque. Et pour ajouter à son malaise, le criminel répéta sa demande. Conscient de sa probable pâleur, Yann-Loic déposa plus de poids sur son coude, afin d'éviter que son bras se mette à trembler. Puis, prudemment, il dégagea son doigt de la gâchette et éloigna l'arme de la tête de Road. Il vivait une défaite, et il n'en était que trop conscient, mais Road avait emprunté une voie qu'il se refusait de suivre. Pour la première fois depuis le début de l'interrogatoire, il céda du terrain au prisonnier, lui dévoilant une de ses faiblesses. C'était plus fort que lui.
    Jamais. Jamais, il ne se trouverait dans une pièce avec un tel monstre détaché. Quand bien même il aurait un pistolet sur le crâne, ça ne le rassurait aucunement: si Road ne craignait pas l'arme, alors cette dernière ne lui promettait plus aucune protection.

    Sans passer le moindre commentaire, Mervay s'enfonça dans sa chaise et s'alluma une troisième cigarette, qu'il glissa à sa bouche pour calmer les battements de son cœur excité. Il avait peur, mais pas au point de renoncer: certes, il venait de vivre une défaite, mais au delà de cet échec pointait une envie qu'il n'avait ressenti que très rarement. Celle de forcer la douleur, la terreur à s'installer sur ce visage si pitoyablement glacial.

    Brusquement, il se redressa et attrapa entre son pouce et son index le menton de Road, ses doigts lui écrasant violemment le côté des mâchoires, pressant sur les dents qu'on devinait aisément à travers la peau des joues. À l'aide de sa main gauche, Mervay dégagea sa cigarette d'entre ses lèvres et souffla la fumée hors de ses poumons, avant de se pencher par-dessus la table, jusqu'à ce que son visage ne soit plus situé qu'à quelques centimètres de celui de son prisonnier. Il planta de nouveau son regard dans celui de Road, y cherchant la trace d'un sentiment quelconque … Puis, d'une voix rauque, plus émotive et plus haineuse qu'auparavant, il finit par glisser:

    « Tu crois, mon chaton? Dit-moi toujours, peut-être que, moi, je te comprendrai. »

    Il perdait le contrôle, et il en avait conscience. Il n'était pas homme à perdre facilement les pédales, mais lui, contrairement à son face-à-face, craignait la mort. Or, devant l'indifférence de Road, il s'était soudainement sentit sérieusement menacé, et la meilleure manière de se débarrasser de sa sourde terreur semblait encore être, selon lui, de faire naître ses propres sentiments sur le visage de Road. Si ce dernier pouvait lui montrer ne serais-ce qu'un peu d'humanité, juste une étincelle de peur, une seule petite preuve de sa capacité à éprouver les choses comme lui-même le faisait …

    « Je n'aime pas beaucoup me répéter, Road. »

    Il resserra légèrement sa prise sur la mâchoire du prisonnier. Un sourire se dessina sur ses lèvres, presque aussitôt remplacé par une grimace d'appréhension. Il n'appréciait pas tout particulièrement cette situation. Il avait l'impression d'étouffer, comme si le niveau d'oxygène avait soudainement baissé dans la pièce. Lentement, prudemment, il leva sa main gauche et la secoua, faisant tomber la cendre de la cigarette que les flammes continuaient de consumer. Puis, avec lenteur, afin de laisser à Road la chance d'appréhender le geste, il approcha l'extrémité encore enflammée de son visage. Jusqu'à ce que, finalement, l'extrémité vienne effleurer la commissure des lèvres du prisonnier. Alors, il écrasa le mégot contre la chair afin de la brûler sévèrement.

    « Si tu veux bien, j'aimerais que tu me parles de cette montre... »







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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Mar 20 Avr - 15:45

Road sentait la peur qui émanait de son interlocuteur. Peut-être était-ce le doute, le rejet de tout ce qui nous est inconnu, étrange, inhabituel. Ou tout simplement l'instinct qui se mettait en marche. Les humains avaient beau être intellectuellement supérieurs aux animaux, ces êtres de chair et de sang ne fonctionnaient qu'à l'instinct, à partir du moment où ils se sentaient menacés. Menacés par la mort, par le danger. Road était attaché. Il ne pouvait donc rien faire, qu'y avait-il à craindre dans tout cela ? Qui sait... au fond, la peur est un sentiment qui ne s'explique pas, comme n'importe quel autre sentiment aussi fort soit-il. Il fixait l'enquêteur. On aurait dit qu'il n'avait même pas remarqué la présence de l'arme, tant son regard était intense. Il ne cillait même pas, il se contentait de le fixer, immobile, sans rien dire. Les armes à feu ne l'avaient jamais effrayé, ni même les armes blanches d'ailleurs ; pour toutes les fois où il avait été blessé dans sa vie, il ne craignait plus grand chose. Non, pire. Il donnait l'impression de pouvoir retourner l'arme contre son utilisateur par la seule force de sa pensée, si puissante qu'elle semblât refroidir soudainement les ardeurs de Mervay. Cet homme qui pensait être expérimenté n'avait visiblement jamais eu affaire à un criminel de ce calibre. C'est vrai, la plupart des « criminels » que l'on trouvait en prison n'étaient même pas dignes de porter cette appellation, tant ils avaient l'air pathétique à côté des plus grands monstres jamais connus par l'humanité.

Il était pâle. Pour lui, la tension semblait être à son comble, alors que Road s'en amusait assez, de cette situation dérisoire. Il avait très bien deviné que dans tous les cas, Mervay n'allait pas tirer, alors pourquoi avoir peur? Pourquoi avoir peur d'une chose aussi improbable? C'était cela qui rendait l'armée si pathétique. Un flingue, ce n'est pas un simple jouet. Ce n'est pas une simple babiole faite pour impressionner la galerie. Non. C'est une arme de guerre, un outil fabriqué dans l'unique but de tuer, et de vous faire emprunter une voie sanglante et parsemée de cadavres qui décorent allègrement votre vie. C'était ainsi que Road vivait à présent. Parce que lui n'avait jamais hésité à appuyer sur la gâchette. Mervay, lui, n'appartenait pas à la même catégorie. C'était peut-être un type bien, qui sait. Mais en tout cas, il était étouffé par la peur de la mort, aussi bien la sienne que celle des autres, cela se voyait. Road le fixait toujours. Finalement, ce n'était pas si dur de lire en lui. Il suffisait qu'il montre une petite faiblesse et hop, Road en connaissait déjà un rayon à son sujet. Ou peut-être qu'il se trompait. En tout cas, il est évident qu'un sentiment de peur planait, oh oui, il était effrayé. Et le prisonnier pourrait très bien s'amuser avec ça dans un avenir proche, très proche.

Alors que l'enquêteur semblait vaincu par le regard meurtrier de son prisonnier, il baissa son arme et se cala contre le dossier de sa chaise en s'allumant un mégot. Road resta silencieux, il n'y avait rien à dire là-dessus, de toute façon. Un nouveau silence s'installa, un silence froid qui laissait une vue panoramique sur le moment de panique de Mervay qui semblait s'évaporer petit à petit. Mais la peur était toujours là. La véritable peur à laquelle personne n'échappe. Tout d'un coup, l'enquêteur eut un mouvement brusque et attrapa la mâchoire du prisonnier entre ses doigts sans la moindre délicatesse. Malgré la pression exercée sur ses dents, il ne broncha pas, ne cessant pas un instant de fixer l'enquêteur. Au final, si on y réfléchit bien, depuis le début, depuis qu'ils s'étaient croisés, et dès le premier instant... il n'avait pas cessé une seule seconde de le fixer. Comme s'il cherchait quelque chose au fond de ses yeux avec acharnement. Pourtant il n'en montrait rien, toujours aussi impassible. Bien qu'il ne soit pas évident de parler dans ces conditions, il tenta d'articuler quelques mots adressés à Mervay, les prononçant lentement et avec calme pour lui laisser le temps d'assimiler le message...


« Qu'est-ce qui vous effraie, Mervay...? »

Son visage était tout près. Il pouvait presque sentir son souffle, dans lequel il percevait l'effroi de l'enquêteur. Ainsi qu'une odeur écœurante de tabac. Mais le parfum de la mort était le plus présent dans ses narines... cette odeur que lui seul parvenait à humer dans ce genre de situation. Tout à coup, il ferma les yeux, et le décor de la prison s'effondra dans sa tête, laissant place à un monde englouti par les ténèbres. Du vide. Juste lui et le mal réunis en un seul individu. Mervay était toujours là, il sentait son contact contre sa peau, mais c'était comme s'il n'existait plus, à l'intérieur de sa tête. Et l'odeur enivrante du sang commença à l'envahir, son envie ardente de meurtre et de souffrance qui refaisait surface comme tout à l'heure. Road n'était qu'un monstre assoiffé de sang dans un corps d'humain, et ça n'allait pas plus loin, au fond...

Ses yeux se rouvrirent brusquement lorsqu'il sentit quelque chose de chaud se rapprocher de son visage, et il en aperçut immédiatement la consistance. La cigarette de Mervay. Oh tiens, étrangement, ça sentait le vécu, tout ça... mais la dernière fois, ce n'était pas lui qui était du mauvais côté de la cigarette. Là, si. Tout en fixant le bout brûlé du mégot, il esquissa un semblant de sourire gêné. Mais son regard s'en détacha bien vite pour se planter à nouveau dans celui de l'enquêteur. Il grimaçait. Il en avait visiblement marre de la plaisanterie. Dommage, Road s'était bien amusé jusqu'à maintenant, lui. La suite des événements ne promettait rien de bon. Il n'avait pas peur de Mervay, ni de ses menaces. Mais en toute franchise, être humain normalement formé ou pas, qui aime se faire brûler par une cigarette? Il eût tout le loisir d'observer l'enquêteur mener doucement le mégot à sa cible, prêt à commettre sa bassesse... Road aurait voulu fermer les yeux à nouveau pour l'oublier, mais impossible ; il perdit toute sa concentration dès le moment où le côté brûlant de la cigarette l'effleura. Il comprenait ce qu'avait ressenti Robert lorsque c'était lui qui lui avait écrasé sa cigarette sur la joue. La sensation d'être la victime sans pouvoir agir. Le lapin bouffé par le serpent. Quelle horrible sensation.

La cigarette arriva enfin à destination. Une bouffée de chaleur l'envahit soudainement, alors que la brûlure s'ancrait dans sa peau, dans sa chair. Il avait rarement ressenti une telle douleur. C'était effroyable. Il se figea, luttant pour ne montrer aucun signe de faiblesse à l'enquêteur. Mais c'était impossible à réaliser. Son dos se crispa, et son visage se froissa comme du papier, les sourcils froncés et les narines retroussées par la colère. Il se mordit la lèvre inférieure, les paupières pressées les unes aux autres. Il avait mal. C'était même insupportable. La cigarette s'enfonçait un peu plus dans sa peau à chaque instant et la douleur le rongeait de plus en plus, sans pitié. Peut-être que ce n'était que la monnaie de sa pièce. En avait-il déjà eu, lui, de la pitié ?
Son regard se planta dans celui de Mervay. Ce n'était plus le même regard. On aurait presque dit que c'était une personne différente. Un regard de haine. De la haine à l'état pur. Il n'avait plus qu'une envie : le tuer. Et quand Road décidait de tuer quelqu'un, il le faisait. Ses menaces, il les mettait toujours à exécution, sans exception. C'était ça, l'instinct meurtrier. Il n'écoutait même plus ce que lui disait l'enquêteur. Ou plutôt devrais-je dire qu'il ne l'entendait plus. Quelque chose hurlait en lui. Dieu sait ce que c'était. Il n'y avait plus que lui et sa folie meurtrière, le décor avait disparu de sa tête ; il ne restait plus qu'une vague de haine, de haine incontrôlable, une phase que Road avait rarement atteint jusqu'à maintenant. Tuer. Sang. Douleur. Tous ces mots se répétaient dans sa tête, inlassablement, sans s'arrêter. Il ne restait plus qu'une simple bête assoiffée de sang. Il poussa un grognement bestial avant de secouer violemment la tête pour se dégager de l'emprise de Mervay, tant bien que mal. Ses dents se plantèrent dans la main de son oppresseur, il le mordit jusqu'au sang comme pour lui rendre la douleur qu'il venait de lui donner. Pire encore, sa langue balaya les filets de ce liquide vital qui s'en déversèrent. Il n'y avait plus rien d'humain en lui. Pour le moment. Il bouscula la table en donnant un coup involontaire dans un de ses quatre pieds, tandis que ses dents s'accrochaient à la peau de Mervay avec acharnement.


« Si cette montre vous intéresse tellement, vous n'avez qu'à me la prendre... vous découvrirez par vous-même quel est son secret...~ »

Peut-être qu'il n'avait pas complètement tort d'en vouloir à cette montre à gousset, finalement. À l'intérieur de la montre se trouvaient effectivement des tâches de sang, comme il l'avait déjà précisé avant de demander l'heure à l'enquêteur. Parmi elles, une initiale gravée bien profondément dans le métal de la montre : R.
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Mar 27 Avr - 4:58

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Yann-Loic Mervay
Enquêteur de la police militaire


    Alors que le visage du prisonnier se tordait sous ses yeux, Mervay sentit un long frisson lui remonter tout le long de la colonne vertébrale. Enfin! Il consentait à lui démontrer un peu d'humanité en réagissant à la douleur aigüe de la brûlure contre sa lèvre. Entre ses doigts, les mâchoires de Road s'étaient contractées, et dans son regard, il pouvait à présent lire plus que de l'indifférence, plus que du mépris. Enchanté d'être parvenu à arracher une réaction à son tête-à-tête, Mervay reprit contenance et sentit sa confiance en lui revenir à grands pas. En réponse à la légère montée d'adrénaline qui l'avait envahi auparavant, l'enquêteur ne put retenir un léger ricanement qui glissa entre ses lèvres sans intention mesquine. En preuve de son soulagement...
    Le menton de Road reposant toujours dans sa main, il lui redressa légèrement la tête et, prudemment, retira la cigarette. Certain de cette victoire, il s'apprêtait à prendre la parole, lorsque son prisonnier eut un brusque geste de rébellion.

    Avec une vigueur insoupçonnée, il se dégagea de son emprise pour enfoncer cruellement ses dents sur la base du pouce de l'enquêteur, serrant les mâchoires comme s'il avait voulu le lui trancher net. Surpris, l'enquêteur eut un mouvement de recul qui eut pour conséquence, outre d'empirer la blessure, de renverser la petite table. Le vacarme, bien évidemment, alerta les gardes qui, à la porte, s'enquirent de la situation. Ses yeux exorbités fixés sur son propre sang qui coulait, Mervay prit un moment avant de répondre, d'une voix entrecoupée de halètements mais qu'il tentait de contrôler tout de même:

    - Tout va bien. C'est juste un petit incident …

    Il attendit quelques secondes, s'attendant à les entendre protester, mais les deux hommes n'en rajoutèrent pas. Alors, doucement, il laissa tomber sa cigarette au sol et tendit la main pour l'appuyer sur la joue de Road. Contrôlant sa nouvelle montée de panique – il ne s'imaginait que trop bien les canines de Road déversant un poison à l'efficacité foudroyante dans ses veines – il se pencha de nouveau, jusqu'à ce que de nouveau son visage ne soit qu'à quelques centimètres de celui du prisonnier, qu'il se remit à fixer dans les yeux. Tentant d'ignorer la douleur (elle était terrible, mais il avait connu pire au cours de ses années de métier …), il voulait figer son visage dans une expression digne, afin de l'impressionner. Afin de lui faire peur comme il lui faisait peur...

    - Road …

    Il murmurait, un sourire aux lèvres.

    - Lâche-moi.

    Il laissa passer quelques secondes, avant de se redresser brusquement et de frapper l'homme d'un furieux coup de poing à la joue. Toutefois, puisqu'il l'avait frappé avec sa main gauche, la force de l'impact avait été hautement diminuée, par rapport aux habituels coups de l'enquêteur. Droitier, il n'avait pas une très bonne maîtrise du combat à gauche. Il se doutait qu'un tel coup ne suffirait pas à sonner un homme en pleine forme, mais il espérait bien qu'il lui suffise pour que Road lâche finalement sa main.

    Quant à cette montre, il ne l'oubliait pas. Mais pour l'instant, elle n'était qu'un prétexte. De belles paroles sous lesquelles il cachait son véritable but: dompter le prisonnier qui, de par son sang froid et sa passionnante cruauté, l'effrayait tant.



    [J'suis un peu surchargée ces temps-ci, du coup je vais réduire un peu la longueur de mes postes avec Mervay. Désolée '^^]

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Robert G. Break
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Dim 2 Mai - 22:30

La journée avait été longue pour l’instant, et là elle risquait de l’être encore plus. Après s’être battu avec un fou à lier du sang et avoir retrouvé une ancienne colocataire, son amie Alice James, il lui fallait en plus aider monsieur le fou à s’évader de prison. Rude, très rude. À ce rythme-là Robert n’allait pas tenir très longtemps. Le plus énigmatique était de savoir comment est-ce qu’ils allaient s’en sortir. Non réflexion faite, ce n’était pas ça, mais plutôt de savoir pourquoi au final faisait-il cela. Sherlock Holmes lui-même ne trouverait sûrement pas la réponse. Pourquoi? Peut-être parce qu’au final il n’y en avait pas. L’être humain est bien l’être le plus étrange de la terre, mais c’est pour cela que l’on dit qu’il est intéressant. Enfin dans tous les cas, essayer de trouver une réponse à cette question futile relevait d’une perte de temps immense.

Car oui, il était nettement préférable d’utiliser ses petits neurones pour trouver une stratégie. La prison n’est malheureusement pas un moulin. Le jeune homme était bien placé pour le savoir. La seule façon d’y rentrer c’est de demander une visite. Or, connaissant l’armée au vu de son propre passé, celle-ci allait sûrement faire passer un petit interrogatoire, musclé ou pas, à leur bon petit locataire. Surtout depuis le temps qu’il y est. Non ça ne faisait pas déjà 10 jours, mais au minimum une bonne demi-heure. A pied, la prison n’était pas toute proche, ça il en était certain. Côté timing, à part pour la session question, il s’en fichait un peu. Il fallait être rapide et malin. Tout ce qu’il n’est pas en gros.

Bon au final, après avoir remué au moins une cinquantaine de fois, la seule solution était de faire au feeling. Ne venez surtout pas demander conseil à Robert lorsqu'il s’agit d’élaborer un plan. Tout ce que vous aurez c’est de la fumée sortant par les oreilles de ce cher. Lui n’est pas un surdoué de la vie. Tout se fait au feeling, rien n’est prémédité. De toute façon avec sa poisse abominable quand il prévoit quelque chose, ça foire tou-jours. Un vrai porte-malheur sur pattes, même pas besoin d’un chat noir ou de passer sous une échelle pour se ramasser un seau d’eau sur la tronche. Autant dire que sur ce coup-là, Road n’avait pas fait une formidable affaire.

La prison était calme, il n’y avait pas beaucoup de monde, ou tout du moins ça en avait tout l‘air. Chance enfin! L’alchimiste regarda quelques seconde Alice. Elle ne tremblait pas. Peut-être n’avait-elle pas conscience du danger? Sur ce coup-là, c’est mieux que d’avoir une boulette qui pleure toutes les 5 secondes pour un oui ou pour un non et qui stresse pour un rien. Enfin en apparence ce n’était pas le cas. Côté mental, il aurait bien aimé savoir mais, l’analyse psychologique d’une personne ce n’était pas son truc, alors d’une fille niaise … Encore moins. Tout ce dont il se souvenait, c’était qu’elle était étrange par moment et parlait d’elle-même à la troisième personne. Un jour même la blondinette avait osé dire « Alice² ». Très rassurant, très. Autant dire que maintenant, il avait peur qu’à tout moment cette chère Alice² ne ressorte et fasse des gaffes irréparables.
    « Bon Alice, on va rentrer dans la prison pour une visite pour l’instant. Surtout tu ne dis rien, à part dire que tu aimes ton cher ami et qu’il n’a rien fait de mal si tu veux. Mais rien de plus hein. Pareil pour Alice². Si elle t’embête tu … tu fais ce que tu veux, tu m’écrases le pied, tu me griffes, mais chut. Capich?»
Robert avait peur, trop peur. Peur de retourner une nouvelle fois en prison. Sa petite visite de 2 semaines ne lui avait pas plu. Alors avec une tentative d’évasion, qui sait combien il prenait. Surtout que ça serait pour la deuxième fois à cause de Road. Avant même de le connaître physiquement il l’emmerdait. Jamais on ne lui aurait prédis qu’il allait faire un geste aussi fou. En y réfléchissant, seuls quelques murs le séparaient de l’autre gugus. Il fallait se jeter à l’eau. Qui ne tente rien n’a rien. Mais là c’était plus qui tente tout, peut perdre tout. Reprenant un calme légendaire, il rentra dans la prison, suivi de sa camarade. Naturel avant tout. Il ne fallait rien laisser paraître. Après tout, là tout ce qu’ils voulaient faire c’était rendre une petite « visite » de courtoisie.

À peine rentrés qu’on leur demanda le pourquoi de leur venue ici. Le jeune homme répondit simplement que c’était pour une visite. Celle du mec qui a été arrêté dans la journée, il n’y a pas très longtemps. Afin d’appuyer le tout, il utilisa Alice. Enfin « utilisa » était un bien grand mot. Il ne faisait que relater la vérité. Elle voulait le voir, c’était indéniable. Quel militaire refuserait une petite visite pour une jeune fille innocente avec un beau sourire niais? Aucun. La persuasion est une bien grande technique vieille comme le monde mais qui était toujours aussi utile après de nombreuses utilisations. Le militaire en question, persuadé, ordonna à un collègue, visiblement de plus petit grade, de les mener à la cellule. Intelligents comme ils sont, les deux gardiens confirmèrent l’hypothèse de Robert. Il était fort possible qu’il soit en interrogatoire en ce moment même. Cool. Il ne restait plus qu’à voir comment ils allaient s’en sortir à présent.

Oh, bien entendu, le jeune homme n’en avait toujours pas la moindre idée et ne cherchait à trouver une quelconque solution. Non il marchait inlassablement derrière le gardien, silencieux. Il préférait ne poser aucune question qui soulèverait des soupçons. Malin comme il est, il aurait donné un indice. Alors autant se taire. Qui ils étaient n’avait pas d’importance. De toute façon sa tête était dans le journal alors c’était pas bien compliqué de connaître son identité. Encore fallait-il lire le journal et en mémoriser toutes les têtes qui sont passées dedans.

Robert plongea son regard vide dans le dos de l’homme. Il était grand, autant de lui d’ailleurs. En pensant à ceci, il eut une idée lumineuse. Alléluia. Pourquoi ne pas lui piquer son uniforme? Ils faisaient tous les deux presque le même gabarit? Ce n’était pas bête du tout. Pour une fois qu’il pensait à quelque chose d’intelligent. Les couloirs où ils étaient en ce moment étaient vides. Aucun gardien dans les parages vu qu’il n’y avait pas de cellule. Il ne faut pas oublier que le cher jeune homme y a passé un peu de temps. Même si ce n’était que l’espace de 2 semaines, c’était largement suffisant pour connaître les recoins libres. Combien de détenus se sont fait tabasser ici? Oh, il ne fallait même plus les compter tellement il y en avait.

Ayant laissé son arme et la chaîne allant avec dans une poubelle à côté de la prison, histoire de ne pas se les faire confisquer pour la visite, il n’avait rien pour l’assommer. Sur ce coup là, la crosse aurait bien été utile, mais non, il fallait bien sûr que ça fasse partie d’une arme. Armes interdites bien évidemment. Il ne lui restait plus que les techniques de bases utilisées dans la rue. Un coup dans la nuque règle facilement le problème. Bon Robert ne l’avait jamais mis en pratique, c’était le moment ou jamais d’essayer. Si ça ratait? Bonne question, qu’allait-il faire? Ce n’était pas envisageable. Du moins, vu comment il était stressé, il ne voulait pas prendre cet éventualité en compte. Un doute et c’est fini. C’était ce qu’il avait toujours appris dans les rues. Réfléchir, tenter et réussir. Point. Le doute, l’erreur et l’échec ne font pas partie de ces choses. Pas dans un bidonville, dans les quartiers pauvres et la rue.

Le jeune homme n’hésita plus, s’élançant près à frapper le gardien. Rapide et efficace, il fallait l’être. D’un coup furtif de la tranche de sa main, il frappa violemment le derrière du cou. Ce n’était pas assez fort pour le tuer, mais bien assez pour le mettre inconscient. Il ne restait plus qu’à lui piquer ses vêtements. Enfin seuls le pantalon et la veste étaient réquisitionnés, ainsi que les clefs. Pas la peine de foutre un autre t-shirt, chemise, chaussures, chaussettes et autres. Le pantalon était assez large pour passer par-dessus le sien, bonheur. Au moins ils passeront bien plus discrètement qu’avec des vêtements pleins les bras. Robert se retourna afin de mettre au courant Alice du petit plan qui venait d’émerger de sa petite caboche.
    « Bon ma chère, je suis maintenant un gardien de la prison et là on va aller voir les salles d’interrogatoire. Tu me suis de près, mais quand on y sera tu resteras cachée avant que je te dise de venir ok? En principe les civils y sont interdits, mais normalement accompagné d’un gardien, ça peut passer plus facilement. Ou alors je les assomme un à un. Enfin ça c’est une autre histoire, j’aviserai … »
Or de question de croupir une seconde de plus ici, le jeune homme pris instinctivement sa camarade par la main et courut le plus vite possible. Du moins, là où il n’y avait pas de gardes. Quoi de plus suspect que des gens courant dans une prison? Justement quelle bonne idée. Pourquoi ne pas simuler une autre évasion pour distraire et mettre leur véritable plan à exécution? Hahahaha. La prison le rendait fou, c’était certain. Il transpirait, sous le poids de l’infiltration. Ce n’était avant tout qu’un simple amateur. Jamais il n’avait tenté de faire ça auparavant.

Ainsi, Robert demanda à Alice de rester bien sagement ici en attendant qu’il revienne. Il ne fallait surtout pas lui faire courir le moindre risque. Pas à elle. Après avoir ouvert deux cellules, il fit sonner l’alarme. Regardez par ici bande d’abrutis, des prisonniers s’échappent. ♥ Tous les gardiens dans les alentours se ruaient sur les lieux de l’évasion. Merveilleuse diversion, il ne restait plus qu’à courir jusqu’aux salles à présent. Elles n’étaient, fort heureusement, pas très loin.

Deux gardiens étaient postés à l’entrée d’une salle. Ils n’étaient pas concernés par l’alarme alors pourquoi bouger? Il s’avança tout naturellement vers les deux zigotos, se faisant toujours passer pour un gardien. Hmm … Quelle excuse allait-il bien pouvoir inventer encore … Ah oui!
    « L’inspecteur dans cette salle est demandé par le Lieutenant … Euh … C’est quoi déjà son nom … Andy Break sur le champ. »
Alors que les deux hommes se regardèrent afin de se demander mutuellement ce qu’ils allaient faire, Môssieur le plus gros menteur de la terre s’empressa de prendre la tête de l’un pour frapper sur l’autre. Il avait toujours rêvé de faire ça un jour. Finalement cette évasion n’était pas si foireuse. Robert pouvait respirer maintenant. Il ne lui restait plus que l’étape finale: libérer Road. Il souffla, soulagé. Alice n’avait rien eu, il n’avait rien, tout le monde allait bien. Son stress retombait. Enfin, il allait pouvoir sortir de cet endroit. Oui, il le détestait. C’est d’ailleurs pour cela qu’il commençait à perdre un peu la tête. La preuve en est qu’il avait osé prononcer le nom de son frère détesté. Andy Break. Ah, si seulement celui-là pouvait finir mort dans un caniveau, ça ne serait pas de refus.

Mais ce n'était pas le moment des disputes familiales. L’alchimiste enfila ses gants. Ceux-ci lui permettaient de ne pas dessiner de cercles pour utiliser son pouvoir. Ça allait toujours être d’une grande aide à ce stade. Il ouvrit alors la porte, pas très doucement d’ailleurs. Entrée fracassante, bonjour. Discrétion, au revoir et à jamais. Par bonheur c’était bien Road qu’il y avait à l’intérieur. Il y avait aussi l’enquêteur ou inspecteur enfin le truc de la police qui était là. Tellement content de ne pas s’être trompé de salle, il enchaîna les phrases naturellement, sans même se soucier de ce que l’autre allait faire. Robert tendit alors son bras pour faire signe à Alice.
    « AAALIIICEE! C’EST BOOON, il est là. Fiou, vous vous imaginez même pas le mal qu‘on a eu. Jamais je referai ça de ma vie, jamais. Bon toi monsieur zigoto Road, la prochaine fois que tu fais un truc, j‘te laisse croupir ici! Ceci dit, nous avons un emploi du temps assez chargé, donc il doit venir avec nous. Désolé. »
La salle était sombre, et une atmosphère peu accueillante y régnait. En regardant l‘état de Road il était clair que c‘était quelque chose d‘assez musclé. Le pauvre, lui qui s‘était déjà battu avec le jeune homme. Il n‘avait vraiment pas de chance lui aussi sur ce coup-là. Mais en fin de compte, Robert s‘en fichait. Tout ce qu‘il pouvait comprendre c‘était que l‘enquêteur n‘était pas inoffensif. Mais il s’avançait toujours pour ne se retrouver qu’à quelques mètres des deux.
    « Je tiens à préciser qu‘il est inutile de pointer une arme sur moi. En tout cas … Pas aujourd‘hui. Bien que je n‘aime pas étaler ma vie, j‘ai déjà failli mourir il y a peu, donc ce n‘est pas ça qui va me faire peur dans l‘immédiat. Ou même sur ce cher monsieur ici présent d’ailleurs. Et puis vous ne voudriez quand même que cette gentille jeune fille soit traumatisée par ceci … N‘est-ce pas? »
Il n‘aimait pas utiliser ce genre de techniques. Mais là il était vraisemblablement à court de solutions et d‘idées. L‘autre allait sûrement pointer son arme sur Road qui sait. Il n‘en avait pas la moindre idée. Mais là, Robert n’était vraiment pas bien dans cette tenue. Il étouffait dedans et inutile de dire que ce n‘est pas en mourant de chaud qu‘il allait être très utile. La première chose qu‘il fallait faire était d‘enlever ce pantalon et cette veste. Veste en main, le jeune homme plaqua les paumes de ses deux mains, l‘une contre l‘autre et les appliqua sur le haut. Celui-ci prit feu immédiatement. Une flamme vive prenait possession de tout le tissu, réveillant une chaleur inconnue dans le jeune homme. Finalement, jouer au pyromane était amusant. Tellement amusant qu‘il la lança sur son « ennemi ».
    « Oups … Pas fait exprès. ♥ »
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Lun 3 Mai - 20:02

Hahaha, elle avait réussi. Oui, elle avait réussit à convaincre Robert. Joie. Ils partaient chercher Road. Parce que oui, elle était certaine que c’était lui. N’oubliez pas que même en étant une idiote finie, il lui arrivait parfois d’avoir des éclairs de génie. De toute façon, les bruns aux yeux rouges, ça couraient pas les rues. La seule autre personne qui possédait des yeux rouges était Nami. Mais elle avait les cheveux blonds elle. Et puis, si elle avait été arrêtée, ils auraient dit, ba rien puisqu’il n’y avait aucune raison à ce qu’elle se fasse arrêter. Ben wai, élémentaire mon cher Watson. Là était toute la logique d’Alice. Fabuleux. D’ailleurs, elle ne comprenait pas pourquoi Road avait été arrêté. Oh non, le voir tabasser des gens dans le bar ne l’avait pas fait tiquer. Faut dire, elle est pas forcément très nette la Alice. Oui parce que les gens normalement constitué ne traînent pas avec Road. Mais c’est aussi grâce à ça qu’Alice était toujours en vie. Quelle chance petite Alice.

Vous vous doutez bien que le fait d’entrer dans la prison n’avait pas paru étrange à Alice. Chercher un plan ? Mais à quoi bon voyons, elle ne voulait que faire sortir un « innocent » de sa cellule. Son plan consistait donc à entrer, demander aux gardes de faire sortir Road et puis basta. Les chances de réussite ? 100% d’après Alice. 0% en vrai. Qui ferait sortir un dangereux criminel juste sur demande d’une pauvre civile naïve. Personne. Personne de normal en tout cas. La seule chose qui viendrait à l’esprit des geôliers c’est « Pourquoi une aussi jolie petite fille voudrait faire sortir un dangereux criminel » Et là, ils comprendraient. « Elle est folle à lier cette fille ». Et ils n’auraient pas tort bien sûr. Sauf que contrairement à Monsieur Road, Alice n’était pas dangereuse -pas encore. Bref, tout ça pour dire qu’elle n’avait pas de plan.

Alice continuait de suivre Robert à la trace, tout en sifflotant. Oh, il faisait beau et chaud aujourd’hui, pourtant, le soleil commençait déjà se coucher. Vivement que Road sorte de prison pour qu’il puisse tout les trois faire un tour et écouter les oiseaux chanter. Ils finirent par arriver devant la prison. Oh, elle était si triste… Peut-être qu’en la repeignant de toute les couleurs elle serait plus jolie et que les gens seraient plus content d’y aller. Oh oui, c’était ça la solution! Par contre, il ne fallait pas repeindre que l’extérieur, l’intérieur était lui aussi triste à mourir. Mais comment les gens faisaient pour travailler ici ? Quelle tristesse. La prochaine fois qu’elle venait ici, elle repeindrait tout. Parole d’Alice. Et d’Alice².

Se sentant observée, elle leva les yeux vers son compagnon de marche qui l’observait lui aussi. Ba quoi ? Elle avait quelque chose sur le bout du nez ? Sur le front ? Entre les deux yeux alors… Rho et puis, on ne lui avait jamais apprit à ne pas fixer les gens comme ça ? Surtout si c’était pour ne rien dire. Elle fronça les sourcils et au moment où elle allait prendre la parole pour donner son avis au combien intéressant, Robert la coupa nette. Arf, vilain garçon. La bouche ouverte après s’être fait couper la parole, elle et Alice² écoutèrent Robert avec attention. Alice² l’écoutait d’ailleurs plus qu’Alice.

    « Mais tu sais, Alice² est toujours sage. Et elle ne parle jamais pour ne rien dire, c‘est toujours pour m‘encourager ou me gronder après avoir fait une bêtise…  »


Et elle acquiesça, totalement d’accord avec ce qu’elle venait d’avancer. Tant mieux pour elle, c’était toujours mieux d’être d’accord avec soit, même dans le cas d’Alice. Alice venait de décider que -pour une fois- elle ferait ce qu’on lui disait de faire. C’était une première. Souriant de toutes ses dents, prête à se cacher pour montrer à Robert qu‘elle avait comprit ce qu‘elle devait faire. Et contre tout attente, elle ne put s‘empêcher de sortir quelque chose qui n‘avait strictement rien à voir…

    « Pomme de rainette et Pomme d’api, tapis tapis rougeuuh »


Oui bon, c’était le coup de folie d’Alice². Mais la mélodie était si entraînante, la blondinette n’y était vraiment pour rien. Elle lança un sourire désolé à Robert puis fini par faire comme si elle n’avait rien fait. Ce qui pour elle était le cas de toute façon. Muette comme une carpe après sa petite phrase, elle fixait en souriant tout ce qui se passait dans la prison. Elle ne disait rien, se contentant de sourire niaisement. Elle ne fit qu’acquiescer quand Robert avoua qu’elle voulait voir Robert et ne dit rien non plus quand il assomma le garde pour que Robert puisse prendre son uniforme.

Quand Robert commença à lui donner les explications de pourquoi elle devait rester caché, Alice lui lança un regard perdu. Oui, elle n’avait rien saisit. Sauf le « tu restes cachée » Bon ok, ça devrait pas trop poser de problème puisqu’elle avait comprit l’essentiel. Donc elle resta bien sagement dans son coin. Mais c’était vraiment ennuyant. Ennuyant jusqu’à ce qu’elle trouve un petit caillou. Oh, il lui rappelait le caillou avant sa rencontre avec Road. Peut-être était-ce le même ? Ba, suffisait de le lui demander. A quatre pattes, elle s’approcha du caillou pour le prendre dans ses mains et l’examiner attentivement.

    « Dit moi petit caillou… Je suis désolé si je te blesse mais est-tu le même caillou que le jour où j’ai rencontré Road ? Je dois avouer que tu lui ressembles énormément. Que dis-tu ? Oh c’est bien toi ? Je suis ravie de te revoir, sincèrement. Comment vas-tu depuis le temps ? Là on va retrouver Road et il faut que je te présente Robert aussi. Il est très très gentil. »


Conversation captivante. Mais qui fut de courte durée puisque Robert l’appela. Oh chouette, elle allait pouvoir retrouver Road. Alléluia. La blondinette se releva avec son Caillou -à qui elle allait devoir trouver un nom- dans sa main et couru vers Robert et Road. Sans même examiner la salle ou autre, elle tendit le caillou devant les yeux de Road, tellement près qu’il ne devait sûrement voir qu’une simple tâche grise et flou.

    « Regarde Road ! C’est le caillou avec qui je parlais avant qu’on se rencontre! Si c’est pas une coïncidence. C’est cool hein, hein hein ? On va pouvoir aller se balader tous les quatre en sortant d’ici. Ça va être bien pas vrai ? »


Gros blanc. Oui bon ce genre de conversation au plein milieu de ce genre de situation ça fait juste un peu tâche quoi. Remarquant avoir provoqué un énorme blanc, la blondinette observa les alentours et oh tient, elle l’avait pas vu celui là. C’était qui ? D’où il venait ? Pourquoi il était là? Ah que de question futile.

    « Oh dite…Vous travaillez à la prison ? Il faudrait penser à tout repeindre. Je verrais bien un beau paysage avec plein de fleur, quelque chose de coloré et d’agréable à regarder pour que l’on se sente bien. »


Ah elle se sentait mieux d’avoir donné son avis. Elle espérait surtout qu’il prenne ses conseils aux sérieux et les applique. Ce serait tellement bien de voir une prison repeinte. Alice pourrait même venir aider, elle aimait beaucoup peindre -même si elle le faisait très mal. La tête dans les nuages, son sourire collé aux lèvres elle ne remarque même pas l’arme que tenait l’homme inconnu. Du moins pas tout de suite. Alice s’en rendit compte quand Robert en parla.

    « Oh ! C’est à peu près la même arme avec laquelle j’ai tiré entre les deux yeux de l’homme dans le bar. J’me demande s’il va bien… »


Intense réflexion. Et puis au bout de quelques secondes, elle oublia ce à quoi elle était en train de penser. Bon ben ça ne devait pas être important… Pas plus important que Robert et Road. D’ailleurs ils se dépêchaient ? Elle avait bien envie de faire un tour et profiter du soleil avant que la nuit ne tombe. Se tournant vers Road et lui sortant sa tête de chien battu, elle se jeta à son cou et feint de pleurer.

    « Ne Roaaad, j’veux aller faire un tour dehors avec toi, Robert, Piou, Miou et P’tit caillou ! Ho ! Il faut aussi que je te présente le mur qui m’a foncé dedans. Il était très gentil. Quoique peu bavard… »


Plongée dans son dialogue idiot, elle n’avait point remarque que Robert avait lancé sa veste en feu sur le monsieur.

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Road Shokkeru
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Mar 4 Mai - 0:11

C'est fou, ce que la douleur peut pousser les hommes à faire des choses totalement dénuées de sens. En temps normal, Road n'aurait pas mordu l'enquêteur. Son orgueil démesuré le lui interdisait. Mais dans des moments extrêmes comme celui-là, on pouvait dire sans exagération aucune qu'il perdait le contrôle de lui-même. Seulement, depuis combien de temps? Depuis quelques secondes ou tout simplement depuis de longues années? Qui sait... peut-être que cela faisait longtemps que le véritable Road avait disparu de ce corps. Car au fond, il n'était pas né ainsi. On ne naît pas criminel, on le devient. Et la mentalité change.
Le sang de Mervay était délicieux. Ce liquide pourpre qui perlait et s'écoulait vers sa paume rendait le prisonnier euphorique. Il n'en montrait rien, et se contentait juste de déchirer la chair avec ses crocs de fauve. Et il ne la lâcha pas, même lorsque Mervay eut un mouvement brusque qui fit renverser la table, il continuait de s'accrocher. Pour pomper toujours plus son liquide vital. Sa bouche était envahie par un goût de fer. Et... cette impression de déjà vu... naturellement, il avait déjà mordu des gens jusqu'au sang. Ça ne lui était arrivé qu'en de rares occasions, mais le fait est que cela était effectivement arrivé, à plusieurs reprises, malgré tout. Quelque part, tout ce sang, ça le dégoûtait. Sans raison particulière. Le mal et l'horreur, à quoi bon s'acharner à le semer sur son passage? Il n'avait jamais vraiment connu la paix, en vérité. Comme beaucoup de gens en ce bas monde. Et parfois, il avait des courts moments de réflexion au sujet de tout ça ; pourquoi faire le mal? Qui finissaient toujours par se dissiper et s'évaporer totalement de son esprit. Son petit monde intérieur n'était pas basé sur la logique, au contraire. Il aimait le sang. Il aimait tuer et voir les gens souffrir. Mais il était humain, lui-même, au même titre que tous les autres. Pourquoi ne pas lâcher Mervay, là, à ce moment?
Non. Cet être abominable n'avait pas besoin d'être sauvé, ni même de recevoir de la pitié. La pitié, ce sont les faibles herbivores qui la ressentent. Toutes ces idées qui se chamboulaient dans sa tête l'empêchaient de penser correctement. À l'heure actuelle, il n'avait qu'une envie, une seule et unique : s'éloigner du monde. Être loin. Le plus loin possible. Là où personne ne pourra jamais le trouver.

Exténué par tous les coups qu'il avait reçu dans la journée et un excès de concentration, il déserra sa prise sur la main de l'enquêteur – sans pour autant la lâcher. Mervay fixait son prisonnier. Il n'y avait que quelques centimètres qui les séparaient, à nouveau. C'était ça aussi, l'impression de déjà vu. Road se rappelait avoir fait la même chose à Robert. C'était assez ironique de voir comment une situation désavantageuse pouvait se rabattre directement sur lui, mais amusant. Perdu. Il était perdu. Aussi bien dans sa folie que dans les méandres de ses pensées qui se chamboulaient et se percutaient les unes aux autres. Sa journée avait été difficile, et elle touchait à sa fin, signe que la fatigue allait peser dans ses épaules un peu plus chaque instant. Il fallait s'accrocher. Il restait un espoir, non? Enfin pour l'instant, aussi étrange que cela puisse paraître, il n'avait qu'une envie... qu'on lui fasse regagner sa cellule pour pouvoir rattraper le sommeil qu'il lui manquait et dont il avait impérativement besoin. Il lui fallait se reposer, plusieurs jours au moins. Parce qu'il était... à bout, purement et simplement. Il s'était reçu pas un, mais deux coups de crosse de revolver dans la tête, et c'était déjà beaucoup trop. Et il commençait à perdre la raison. Chez lui, ses facettes disjonctives étaient nombreuses. Il pouvait avoir des tendances au cannibalisme comme des tendances suicidaires, en bref, il avait toujours été préférable d'être loin de Road lorsqu'il y avait un dysfonctionnement avec ses neurones. C'est comme ça.

Il fixait Mervay. Le regard vide, inexpressif. Il ne pensait même plus. Il n'entendait plus la voix de son interlocuteur. Sans doute parce qu'il ne le voulait pas. Qui sait. En tout cas, c'était la première fois de sa vie qu'il se trouvait dans une situation si étrange. C'était d'ailleurs la première fois de sa courte existence qu'il croupissait dans une prison. Jamais l'armée n'était parvenue à l'attraper, jusqu'à maintenant. Il faut dire qu'il n'était pas une cible facile, puisque personne n'avait jamais fait le lien entre lui et R. Autrement dit, jusqu'à présent, il pouvait se balader aisément dans les rues de Central et même adresser la parole aux militaires sans jamais être démasqué. Aujourd'hui, même si l'identité de R n'était pas dévoilée, c'était fini tout ça. Parce qu'il était sans doute déjà dans le journal. L'homme qui a massacré un jeune garçon dans la bibliothèque de Central. Ce truc allait probablement faire polémique incessamment sous peu. Bah, tant pis. C'était plus amusant. Et ça augmenterait sans doute ses chances de recroiser bientôt le chemin d'Harkonnen, ce qui était devenu désormais son objectif principal. Oh, et le type qui l'avait assommé avait également besoin de se faire un peu lyncher. De même pour Mervay, mais là, c'était juste pour la forme. Et puis d'un côté, il valait mieux éviter de tuer l'enquêteur ; il allait lui servir d'intermédiaire. Oui, c'était le parfait pigeon à exploiter. En plus de ça, il avait peur. Peur de Road. Ça se voyait. Et ça se lisait dans son regard. Mais il y avait quelque chose en lui que Road ne parvenait pas à déceler... enfin, peu importe.. pour le moment, il n'était pas vraiment en état de penser.

Il lui ordonnait de le lâcher. Mais comme je l'ai dit, sa conscience tordue l'empêchait d'entendre les paroles de l'enquêteur. Il ne le voulait tout simplement pas, de toute façon. Il s'en fichait tellement, de ce type, au fond.. malgré ses nombreuses tentatives de prendre le dessus sur le prisonnier, Mervay perdait son temps. Il n'était qu'un pion sur un échiquier. Dommage, il ne s'en rendait pas compte.. mais de toute façon, vu l'état de Road, ce dernier n'allait sans doute pas tarder à être renvoyé à sa cellule. Ça ne servait plus à rien d'interroger quelqu'un qui commence à péter les plombs. Sauf si l'enquêteur avait juste l'intention de tester ses limites et voir jusqu'à quel point il pouvait être si effrayant, si sournois. Et pourquoi pas pour voir lequel des deux a le mental le plus solide? Il ne faisait aucun doute que la concurrence était serrée, néanmoins, c'était bien Mervay qui avait cédé le premier à la provocation. Et à la violence. La brûlure fut suivie par un coup de poing au visage, sans doute le troisième de la journée. Au même endroit que là où avait frappé Harkonnen. Le coup de l'enquêteur en lui-même n'était pas spécialement lancinant, mais le fait d'avoir déjà été frappé par un poing d'acier à cet endroit était plutôt... amer, dirons-nous. Il avait fallu que l'enquêteur en rajoute une couche. Vraiment, depuis le début, depuis que leurs regards s'étaient croisés, il était submergé par l'envie de le saigner à mort ; la seule aura qu'il dégageait avait suffit pour en faire une proie potentielle. Il en fallait peu, décidément. Le seul fait de marcher sur son pied aurait même suffit à devenir son pire ennemi.

Il se leva brusquement, lâchant la main de Mervay, avec l'envie de l'étrangler, comme il avait commencé à le faire à Harkonnen précédemment. Ce n'était pas loyal, se jeter sur quelqu'un pour l'étrangler. Mais que voulez-vous, il y a des moments où il ne faut pas lui demander d'être raisonnable.
Il fut interrompu dans son élan, malheureusement. La porte s'ouvrit brusquement, dans un grand claquement insupportable pour les tympans fatigués de Monsieur. Mais ce boucan le ramena à la raison d'un seul coup, comme si on avait frappé dans un énorme tambour à proximité de son oreille. Le truc qui réveille puissamment et méchamment. Il lâcha un grognement, reprenant progressivement ses repères. Qu'est-ce qu'il avait à gueuler, celui-là? Road ne prit même pas la peine de lui accorder le moindre regard, ne se doutant pas une seconde de qui il pouvait s'agir. Même si le type lui avait adressé la parole, et qu'il l'avait clairement entendu, il préféra l'ignorer royalement. Mais cette voix, il la reconnaissait. Il l'aurait reconnu entre mille. Encore cet abruti. Au minimum, Road aurait espéré une évasion plus ou moins discrète. Là c'était... complètement raté. On entendait déjà l'alarme de la prison, les deux gardes de l'entrée étaient étalés par terre, assommés. Franchement, bravo, c'est très réussi.
Il tourna la tête et avança d'un pas, dans la direction de Robert, le fixant d'un regard d'assassin. Il s'avouait qu'il aurait préféré que son nouveau « pote » débarque seulement le lendemain, ça aurait été plus simple de le faire sortir de sa cellule après une bonne nuit de repos, que maintenant. Par dessus le marché, la prison était en plein Central, et pas bien loin du QG de l'armée, alors il n'y avait que peu de temps avant qu'une alerte soit lancée et que des renforts arrivent. Tout allait se jouer en quelques minutes. C'était vraiment mal calculé, pour le coup.
Et comme si ça ne suffisait pas, Robert enflamma sa veste comme il l'avait fait plus tôt avec la veste du costard de Road. C'était une habitude ou quoi? En tout cas, lorsqu'il la lança sur le monsieur, le prisonnier l'intercepta et dévia sa direction d'un coup de pied circulaire. Mervay allait encore être utile, il ne fallait pas qu'il soit carbonisé tout de suite. Il avait peut-être des informations concernant Harkonnen. Oui, le Lieutenant-Général allait vraiment devenir une obsession, mais bon. Bref, un peu dépassé par les événements, Road effleura sa blessure à la lèvre qui lui faisait toujours mal, avant de pousser un juron en marmonnant dans sa barbe. Puis il planta à nouveau son regard noir dans celui de Robert et lui lâcha sèchement :


« Toi.. tu sers à rien.. »

Fort sympathique, alors qu'il était venu pour le tirer de là, enfin passons...
Mais le pire n'était pas encore arrivé. Road n'avait pas envisagé une seconde que Robert puisse retrouver la morveuse aussi rapidement – en moins d'une semaine, quoi. Mieux, qu'il ose l'embarquer avec lui dans la prison. Alors évidemment, lorsqu'il entendit la voix d'Alice, il resta stupéfait. Il n'eût pas le temps d'ouvrir la bouche pour en placer une qu'Alice lui avait déjà mis une sorte d'objet non identifié sous le nez. Il recula la tête, avant de constater que la chose n'était qu'un caillou. Ah oui. Il se souvenait que lorsqu'il avait rencontré la gamine pour la première fois, elle était assise par terre, sur son chemin, en train de converser avec un caillou. Ah, il se rappelait même du pot de fleur qu'il avait failli se recevoir en pleine tête par sa faute.. mais se rendait-elle compte de la situation? Probablement pas.. elle avait toujours eut une capacité d'adaptation assez limitée. Road avait déjà eu tout le temps de s'en apercevoir.
Non, mais en plus, elle aurait pu se la fermer, quoi. Dire ouvertement dans une prison qu'elle avait tiré une balle dans la tête d'un gars, c'était grotesque. Plus horrible encore, la blonde lui sauta au cou comme si cela faisait dix ans qu'ils ne s'étaient pas vus. Ce n'était vraiment pas le moment.. exaspéré et exténué par tout ça, il posa son menton sur le haut de la tête d'Alice, sentant que ses forces commençaient à l'abandonner à son sort. Sa gorge le brûlait. Brusquement, il repoussa Alice avant de cracher une trainée de son liquide vital sur le ciment froid du sol. Il avait des vertiges, des bourdonnements, c'était vraiment une sensation... désagréable. Et cela le mit d'une humeur telle qu'il aurait pu carrément frapper Alice, sans prendre conscience de son geste.


« Dégagez, j'ai pas besoin de votre aide pour sortir d'ici. »

Road était un piètre menteur... sans aide, jamais il n'arriverait à sortir d'ici, car personne ne lui apporterait les soins nécessaires et il finirait par pourrir au fond de sa cellule, vu l'état dans lequel il était. De toute façon, il connaissait assez bien Alice pour savoir qu'elle resterait plantée ici jusqu'à que Road les suive sans faire d'histoire. Elle était bornée, et avait un talent incroyable pour la persuasion. Bien qu'il soit peu banal dans son genre.
Ne tenant même plus sur ses jambes, le prisonnier laissa échapper un grognement, avant de se laisser tomber sur ses genoux. Il s'étouffait presque à force de cracher son sang, quel spectacle magnifique. Il aurait préféré qu'Alice et Robert ne le voient jamais dans cet état. Par fierté. Et aussi, parce que bon, il ne voulait pas se l'avouer, mais il pensait un minimum à eux. Un tout pitit peu. À peine. Mais vraiment au minimum, quoi. En tout cas, ils risquaient d'avoir de gros ennuis, maintenant. Non, il n'était pas sentimental. Il ne considérait pas Alice et Robert comme des machins qu'on appelle « amis ». Ni même comme autre chose. Ah, non, et c'était hors de question que ça change. Robert était un boulet et Alice aussi. Point.

Mervay n'allait sans doute pas tarder à intervenir. Et les renforts, combien de temps mettraient-ils à arriver? Le temps était compté. Pour Road, ça ne changerait pas grand chose, il était déjà prisonnier. Le Bébert, qu'il retourne en taule, ça ne le dérangeait pas, mais Alice, pas question. Non. Comment pouvait-il devenir aussi... protecteur? Argh, quelle horreur, ça le réussissait vraiment pas de faire de la prison. Finalement, poussé par son instinct, son attitude changea radicalement ; il se redressa et attrapa Alice par le col violemment, la tirant vers lui, comme s'il voulait la frapper. Méchamment. Il aurait bien besoin de se faire assommer une seconde fois pour redevenir à peu près normal, ouais, ça lui ferait du bien.


« Bon, enlevez-moi ces menottes ou je vous tue. »

À tes souhaits.
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Jeu 6 Mai - 3:32

Maître du jeu a écrit:

Yann-Loic Mervay
Enquêteur de la police militaire


    Lorsque son poing avait heurté les mâchoires de Road, ce dernier avait lâché prise. Comme il l'avait espéré. Il ne s'était toutefois pas attendu à ce que son offensive redonne au prisonnier un regain d'énergie, aussi s'étonna-t-il lorsque l'homme, plutôt que de s'affaisser, étourdit, bondit sur ses pieds. Pris de surprise par le mouvement brusque de Road, Mervay recula lui-même d'un pas avant de mener la main droite à son révolver. Il n'avait toutefois pas encore retiré l'arme de sa ceinture que le prisonnier s'était stoppé dans son mouvement, alors que la porte de la salle d'interrogatoire s'ouvrait à la volée, sans la moindre délicatesse.
    Par réflexe – mauvais réflexe, dans ce genre de situation –, il tourna la tête en adressant un regard assassin à ce qu'il avait d'abord cru être l'un des garde. Il s'apprêtait d'ailleurs à sermonner l'officier quant à son manque de discipline (ne venait-il pas de lui dire que tout allait bien?) lorsqu'il aperçut, derrière le trouble-fête, un corps étendu au sol et couvert de l'uniforme de l'endroit. Dans le doute, l'enquêteur darda son regard sur le visage du nouveau venu et confirma son impression: il ne s'agissait pas de l'un des deux policiers qui l'avaient escorté un peu plus tôt. Pire: à se fier aux deux corps au sol, il ne devait même pas s'agir d'un policier. Le regard fixé derrière son épaule, l'intervenant s'était mis à appeler – des renforts? Allez savoir! – et son cri pour le moins subtil avait quelque peu rassuré l'enquêteur. Il s'agissait de toute évidence d'un criminel, mais il n'avait pas l'air d'être bien doué … côté subtilité, en tous cas: il venait certainement d'attirer l'attention d'au moins quelques hommes. Ces derniers risquaient fort de venir voir ce qui se passait et, qui sait, interviendraient ou, au pire, sonneraient l'alarme à la vue des inconscients.
    Son appel lancé, Robert se retourna pour cette fois s'adresser à Road, confirmant le doute que Mervay avait déjà éprouvé en le voyant entrer: ils se connaissaient. Un allié, sans doute … Mais comment diable avait-il pu se rendre jusqu'ici sans encombres? L'uniforme seul servait-il à ce point à ouvrir les portes? C'était d'un manque de prudence flagrant, et d'un ridicule plus grand encore.
    Tout à coup, Robert sembla s'apercevoir de sa présence, et c'est en fixant le regard sur l'enquêteur qu'il s'était mis à avancer. Alors même qu'il prononçait sa mise en garde, l'enquêteur dégagea son révolver et le pointa en direction de l'intrus, le doigt appuyé sur la gachette. Puis, d'une voix maîtrisée, il lui ordonna:

    - Ne bouge plus.

    Nonobstant l'ordre, le nouveau venu fit un pas de plus vers l'avant. Décidé à ne pas prendre de risque en tentant d'imposer sa volonté à un homme visiblement dangereux, fit lui-même un pas vers l'avant. Décidé à tirer, il se permit de déjouer son propre esprit, tentant de ne pas penser au fait que d'ici deux secondes, il aurait peut-être volé une nouvelle vie. Contrairement à Road, Mervay ne supportait pas bien que des gens meurent de sa main, et ce, même s'ils menaçaient sa vie …
    Il était toutefois clair qu'il ne se laisserait pas abattre lui-même pour une question de remords. C'est donc en évitant de penser à quoi que ce soit qu'il parvint – en se reculant pour éviter d'être éclaboussé de sang, au cas ou … – à tirer sur Robert.

    La suite se déroula si rapidement qu'il se laissa facilement dépasser par les évènements. Tout d'abord, des flammes avaient surgis d'on ne sait où pour soudainement fondre sur lui, avant de disparaître de son champ de vision sans jamais l'atteindre. S'il avait d'abord cru à un tour d'illusionniste franchement réussi, le crépitement des flammes sur le tissus, au fond de la pièce, l'encouragea à tourner de l'œil pour entrevoir l'objet non identifié en train de brûler. Allez savoir comment il avait pu ne pas le recevoir en plein visage … mais ce petit regard en biais ajouta à sa surprise: sans qu'il l'ait même vue passer, sans qu'il ait même soupçonné sa présence, une jeune fille s'était glissée dans la pièce. Et, même si cela pouvait sembler incroyable – quel individu sensé aurait eu l'idée de faire une telle chose?! - elle avait entouré Road de ses petits bras pour le serrer contre elle. Comble du malheur, son prisonnier mal en point s'était soudainement remis à vomir son sang sur le sol, indiquant que son corps commençait à être à bout. Finalement, s'il se fiait à sa mémoire, il ne devait pas rester plus de deux balles dans son arme. Si les trois individus devaient s'avouer menaçant, il pourrait en abattre deux au maximum avec la force de tire de son arme, et se défendre du dernier à main nue … Si un policier moins expérimenté aurait douté de l'intérêt de la présence d'Alice sur la scène, lui-même n'avait pas l'intention de faire cette erreur. Malgré ses airs un peu innocente, elle semblait être copine avec Road. Elle devait tout de même avoir quelques atouts. Et puis, ne venait-elle pas tout juste de dire qu'elle avait déjà abattu un gars d'une balle entre les deux yeux?

    Le canon de son arme toujours pointé vers Robert, Mervay s'avança d'un pas en direction du criminel déguisé, décidant qu'il était pour l'instant l'individu le plus dangereux de la pièce, celui qu'il fallait maîtriser au plus vite. Ce faisant, il ignora la demande de Road, à savoir de le défaire de ses menottes. Demande qu'il lui avait déjà adressée auparavant, et à laquelle il n'avait pas davantage l'impression d'obtempérer … Après tout, quel risque courait-il? Alertés par le coup de feu, les autres agents de la paix ne tarderaient pas à se mêler de la partie. Quand on y pensait bien, il ne risquait pas grand chose … il était loin d'être seul dans ce combat, et on le rejoindrait bientôt.
    Sans quitter Robert des yeux, il grommela finalement une réponse à la demande de son prisonnier.

    - Tais-toi, Road.

    On aurait presque pu croire qu'il parlait à un vieil ami. Considérant qu'il était encore de son devoir de garder le prisonnier en vie, il croyait pertinent de refouler ses ardeurs, de le garder bien calme afin qu'il ne soit pas tenté d'intervenir à son tour. S'il le faisait, non seulement les choses risquaient de se gâter pour l'enquêteur, mais en plus, il courait le risque de pousser trop loin les limites de son corps et de carrément s'effondrer … ce qui, dans ce genre de situation, ne ferait qu'angoisser un peu tout le monde, dans le sens ou un cadavre dans les jambes, c'est franchement pas pratique.

    [J'suis désolée: c'est franchement court et ça vous avance pas beaucoup, mais ne sachant pas vraiment ce qui est arrivé avec la balle que Mervay a tirée, je ne veux pas trop développer. Parlant de la balle: je vous laisse choisir qui de Robert ou d'Alice sera touché. Vous pouvez aussi l'éviter tous les deux, mais considérant que la pièce est petite et que Mervay est un bon tireur, ce serait un peu irréaliste … ]

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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Dim 16 Mai - 3:46

On peut dire que ce n’était pas la joie dans cette salle. Non. Il y régnait même une atmosphère lourde, oppressante, peu propice aux retrouvailles. Robert ne comptait plus le nombre de fois qu’il a dû aller dans une salle d’interrogatoire. Il pensait à peu près tout connaître de ce qui peut y résider comme atmosphère et pourtant là il fût surpris. Désagréablement surpris. C’était presque comme si, à l’instant, débarquant de nulle part il entrait dans un champ de bataille à son apogée. Autant dire qu’il ne s’y sentait que très peu à sa place. Si ça ne tenait qu’à lui, son envie de liberté l’aurait déjà éloigné d’une centaine de mètre de la prison en elle-même. Espace vital. A vrai dire, revoir ce cher « camarade » ne lui faisait pas non plus excessivement plaisir. C’était une corvée même. Hum, quelle belle équipe, tout le monde s’aime. Il n’y avait pas à dire. Au vue de la scène, Road avait trouvé un nouveau joujou, cet enquêteur. Mais apparemment, à en juger, le jeune homme venait de le dérangeait dans son jeu. Hmm, monsieur n’allait pas être content.

Et en effet, c’était le cas. Encore un de ses regards. Regards qui ne laissent jamais rien présager de bon. A vrai dire, Robert s’attendait au minimum à un poing dans la figure, mais non. Rien, aucun coup, aucune douleur, aucune réflexion même. Il est vrai qu’il ne le connaissait que depuis peu, très peu, et pourtant il s’était presque habituer à se faire … battre. Oui se faire battre, l’expression la plus appropriée sûrement. Mais là non. La seule réaction fut de dévier la veste enflammée. Encore plus surprenant, Road venait-il à l’instant de sauver cet homme? Acte charitable qui devait forcément cacher un secret. Il était clairement impossible que les deux individus fassent amis-amis dans une salle d’interrogatoire. Une séance qui n’avait pas l’air des plus joyeuses en passant.

L’alarme commençait à le rendre sourd et lui provoquait un mal de crâne atroce. Jamais le jeune homme n’avait autant haïs autant de boucan. Oui c’était un boucan pas possible. Sans compter les paroles très chaleureuses de Road. Hum, la prochaine fois il restera en prison. Il ne prit même pas soin d’y répondre. Réflexion futile, il fit comme si n’avait rien entendu. Au moins, c’était rassurant dans un sens. On ne lui avait pas lobotomisé le cerveau entre-temps.

Non. Cependant, le regardant de plus près il remarqua quelques petits changements depuis leur dernière rencontre. Le prisonnier aurait lui aussi prit goût à se faire écraser un mégot sur les lèvres? Il semblerait, ce n’était peut-être pas un mégot même, mais une chose était sûr. C’était que c’était belle et bien une brûlure. Ce pauvre avait donc eu droit à une séance musclée? Quel dommage sérieusement. Bien sûr que non que Robert ne pensait pas ceci. C’était bien fait pour lui. A vrai dire même, c’était une punition un peu trop légère pour tout ce qu’il a commit. A cet instant précis, le jeune homme regretta de ne pas pouvoir dire qui Road était vraiment. Enfin si bien naturellement il le pouvait, mais si ils venaient vraiment à réussir à s’évader, il s’en mordrait les doigts plus tard. Or c’était une chose qu’il valait mieux éviter pour l’instant. Se ramasser encore des coups, non merci. Pour une prochaine fois, à jamais de préférence même.

Le jeune homme continuait de fixer Mervay. Il ne savait pas quoi faire, enfin pas dans l’immédiat. Son regard rivé sur l’arme, il cherchait un moyen d’enlever cette pression. Car oui, avoir un flingue pointé sur soi ne fait rien d’autres que de développer une pression énorme. Tout du moins, quand on a plus peur de se faire tuer dans la journée, ce qui était son cas à lui. Il ne trouva d’ailleurs aucun point commun avec le sien, résidant normalement toujours dans une poubelle dehors. Sa couleur, son aspect, ils étaient complètement différent, et ça le fascinait même. Il n’arrivait pas à détacher ses yeux noir et gris de l’arme, comme plongé dans des pensées où l’on ne pouvait l’y extirper. Et pourtant il revint sur terre.

La salle, qui était censée être à la base interdite au publique, devenait un vrai moulin. On pouvait y rentrer et y sortir comme on y voulait. Certes, dans ces circonstances en sortir est une chose plus ardue avec un flingue en tout cas. Ca n’empêcha pas Alice d’entrer et de … Montrer un caillou à son cher ami. C’était sa venue qui avait sorti Roberte de ses longues pensées. De là s’en suivi des dialogues, non des monologues, niais. La jeune fille restait fidèle à elle-même et ne semblait même pas prendre conscience de la gravité de la situation. Enfin gravité, du danger plutôt. C’est du Alice tout craché de toute façon. Tout … Sauf une chose. Ne venait-il pas d’entendre que mademoiselle avait tué un homme? Enfin dit de façon implicite en tout cas. C’est une évidence même, une homme se recevant une balle entre les deux yeux ne peut pas vraiment vivre, en toute logique il meurt. Et ce monde lui-même est basé sur cette logique …

Bref, en suivant d’ailleurs la logique, Alice venait donc de faire des aveux complets. Tout le monde était des criminels dans cette salle, ô joie. Ils avaient donc tous une raison quelconque de se faire arrêter. Hm … Situation bien peu plaisante. Ceci n’était largement pas prévu. Mais en même temps, rien ne l’était à vrai dire. Comme déjà dit, Robert fait entièrement au feeling. Si une opportunité s’offre à lui, il l’a prend et attend la suivante. Pourquoi diable se casser la tête à faire des plans. Même théoriquement parfait, rien ne se passe comme prévu. Surpris de plus belle, Robert devenait quelque peu paumé au vu des situations. Il n’arrivait même plus à savoir si cet inspecter avait tiré réellement, ou bien si il n’avait fait que pointer son arme. Il ne se souvenait même pas du « bang » qu’aurait pu occasionné le tir. Il n’était pas même blessé. Coup raté apparemment. Chance… Ou pas. Ne pas repérer ou se souvenir d’une telle chose était assez grave, et voulait surtout dire qu’il perdait les pédales. La jeune homme n’avait même pas envisagé l’option que l’enquêteur avait vraiment tiré, mais que la balle était pourtant partie sur une autre personne.

Une autre chose venait alarmante, la toux de Road. Monsieur crachait son sang, chose peu rassurante. A l’évidence même, il a dû se passer bien des choses entre leur séparation et leur « retrouvaille ». Oui, quand ils se sont quittés, il allait bien très bien même à première vue. Et pourtant là, il avait l’air si … Faible. Un Road que Robert n’osait même pas imaginer, il n’y avait déjà même pas pensé. Et c’est pourtant juste avant qu’il avait osé dire qu’il n’avait pas besoin d’aide. Une chose à dire: Menteur. Vu son état il était évident qu’il avait forcément besoin d’aide, même lui, grand solitaire sanglant. N’était-ce pas une scène ironique? Si. Et cette vision fit que l’alchimiste éclata de rire, comme ça. Oh non, ça ne le faisait pas marrer de le voir aussi mal, mais plus de voir à quel point il était un mauvais menteur. Il y a des domaines où finalement, monsieur R n’excelle pas.

    « Excellent. Vu ton état je n’en serais pas si sûr moi si j’étais toi. Pourrais-tu aller bien loin dans ces conditions? Quant à Alice … Lâches-la. Elle ne t’a rien fait et elle est blessée. Tiens-tu à ce qu’elle y laisse la vie ici si rapidement par ta faute mon cher … Road? »


Road avait une façon bien étrange d’exprimer sa gratitude. Prendre les gens, comme pour les frapper, n’était pas le meilleur remerciement qu’il existe. Et en prime, il se permettait de menacer. Hum hum pas très joli tout ça. Une hésitation empêche de donner les clés au prisonnier tout de suite. La présence de l’arme rivée sur lui? Probablement. Mais disons plutôt que Robert n’avait nullement envie de l’aider. Il le fallait bien au final pourtant. Il soupira, comme pour enlever un poids. Un poids invisible, mais qui était là. Qu’il sentait. Il allait faire un acte fou, totalement fou. Le jeune homme voulait balancer les clés à Road. Mais il était naturel que l’autre armé n’allait pas le laisser faire. Son option? Lui tirer dessus logiquement.

    « Tsch. J’en ai marre. »


Ce fut ce qu’il lâcha d’un ton peu agréable, avant de finalement porter sa main sur le trousseau de clés et le passer à Road. Une de blessée déjà … Pourquoi pas deux. Le jeune homme n’avait rien à perdre … Ou plutôt, il avait tout à perdre.





[ Étant complètement Hors service ce soir, il se peut que j'ai mélangé des trucs enfin bref qu'il y ait des évènements qui ne concordent pas. Si c'est le cas, dites-le moi. ; ) ]
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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Dim 23 Mai - 19:55

Les gens avaient l’air de pas avoir le moral ici… Ils étaient tous triste ? Alice devrait-elle leur remonter le moral à tous ? Enfin, sur le moment elle s’en fichait un peu il fallait d’abord sortir Road de cet endroit tellement déprimant. Sans oublier Robert hein, elle allait pas le laisser ici non plus, c’était hors de question. Et puis, elle devait aussi récupérer Piou, Miou et son nouvel ami P’tit caillou. Peut-être qu’elle passerait dire bonjour au Mur aussi, il l’avait quand même pardonné hum. Oh, et déposer des fleurs au dessus de la tombe des fleurs qui se sont suicidés en s’écrasant près de Road et elle. Alice avait eut tellement de peine pour elles…Elle n’avait pas eut l’occasion de les enterrer, il allait donc falloir qu’elle le fasse rapidement.

    - Road! Faut qu’on aille enterrer les fleurs qui se sont suicidées.


Oui oui, c’est cela Alice. Et si tu prenais conscience de la gravité de la situation plutôt? Non parce qu’il y avait juste un homme qui pointait une arme vers eux et Road qui était en piteuse état, sans compter l’alarme de la prison et les bruits des gens qui crient derrière la porte. Mais non, même avec tout ça elle ne s’en rendait pas compte tout était parfaitement normal et logique pour Alice. C’est comme ça qu’une prison est censée fonctionner non ?

    - Aliiiice, les prisons fonctionnent comme ça normalement ? Y a toujours plein de bruit, de cris et de gens qui courent ? Ohw, c’est vraiment bruyant.


Aeuh, oui. Elle venait de se parler. Mais rien d’inquiétant voyons, ça c’était une réaction normal de la part de la jeune fille. Si elle était devenue muette et tabassé tout le monde, là on aurait pu s’inquiéter. Donc pour le moment, rien ne clochait chez Alice. Enfin, pas plus qu’à l’habitude, parce que ce serait un euphémisme que de dire qu’Alice a toute sa tête. L’a-elle jamais eut de toute façon ? Pourquoi ne serait-elle pas née avec ce…problème mental ? Rien n’est impossible. Surtout avec Alice.

Le sourire aux lèvres, Alice observait calmement la scène, pas le moins du monde gênée de l’arme pointée en sa direction et de l’attitude encore plus désagréable de Road. Peut-être avait-il ses ragnagnas et que c’est donc cela qui le mettait dans un tel état. Ah, il fallait qu’il s’y habitude. Ce genre de petit désagrément, ça nous suit longtemps, très longtemps. Peut-être trop longtemps pour certain. Bref, donc pour Alice, Road allait bien, Robert allait bien et il ne lui restait plus qu’a demander à Miou, Piou et P’tit caillou.

Ha, Road n’allait vraiment pas bien au final…Quand on va bien, on ne crache pas du sang partout et puis c’était pas normal de faire ça et en plus ça l’inquiétait beaucoup. A l’éclat de rire de Robert, Alice ne put s’empêcher de sursauter. Are ? Il rigolait pour quoi ? Elle lui lança un regard en biais, complètement étonnée et perdue. Qui avait-il de drôle ? Même elle avec son intelligence limité comprenait qu’il n’y avait rien de drôle. Bien sûr, elle ne se doutait pas une seule seconde qu’il riait de la scène ironique qui se déroulait devant ses yeux. Après tout, Alice n’était pas au courant que Robert s’était fait malmener par Road.

Et avant qu’elle ne puisse demander à Robert la raison de son fou-rire, elle se retrouva avec les pieds décollés du sol. Khé ? C’était la deuxième fois depuis qu’elle avait rencontré Road, à croire que le col de sa robe ne lui plaisait vraiment pas. Bon ben tant pis hein, elle ira le changer une fois qu’elle se sera acheté une nouvelle robe. D’ici là s’il pouvait calmer ses ardeurs vis-à-vis de son col ça l’arrangerait bien. Parce que malheureusement, elle avait plus un sous pour s’acheter de nouveaux habits. D’ailleurs…depuis combien de temps elle avait la même robe ? Han, longtemps. Et ça ce voyait.

    - Roaaad…Qu’est-ce que mon col t’as fait ?


Et puis soudainement, sans prévenir, elle eut mal. Oui vraiment mal. Comme si…on lui avait tiré dans l’épaule. La blondinette se dégagea de l’emprise de Road et, instinctivement, posa sa main sur son épaule douloureuse. Qu’elle fut sa surprise quand elle aperçut un liquide rouge sur celle-ci. Une tâche pourpre commençait à se former au niveau de sa blessure tandis que du sang coulait le long de son bras. Elle lança à Road et Robert un regard effrayé qui fut changé rapidement par un regarde emplit de douleur. Pauvre petite Alice qui ne connu jamais de pareil douleur jusque là.

    -Aaah, ça fait mal...


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MessageSujet: Re: Petit séjour en prison ~   Mer 11 Aoû - 19:23


Yann-Loic Mervay
Enquêteur de la police militaire


    La balle était à présent dans son camp. Entre Road qui tenait à peine sur ses jambes et Alice qui avait été atteinte au passage de la balle qu'il avait destinée à Robert, l'enquêteur se trouvait de nouveau face à un homme seul. Or, sans vanter ses propres mérites, il est bien de reconnaître que l'entraînement militaire de Mervay en avait fait un adversaire redoutable. D'autant plus qu'à présent, il n'y avait plus de raison de partager ses deux dernières balles: s'il le fallait, elles iraient se ficher toutes les deux dans le corps de Robert pour le tenir à carreau. De toute manière, il n'y avait plus personne d'autre sur qui les utiliser.
    Personne dans la pièce ne semblait le prendre au sérieux. D'un côté, son prisonnier malade lui ordonnait de le défaire de ses menottes et, de l'autre, l'intru n'accordait visiblement aucun intérêt à sa présence ni à celle du révolver pointé sur sa tête. Tous deux échangeaient les piques comme s'ils venaient de se retrouver sur une terrasse, ce qui, tout en tappant sur l'orgueil de Mervay, lui permis de voir plus clair en la personne de Robert Break. Expérience ou pas, il semblait avoir tendance à sois surestimer ses capacités, sois sous-estimer celles de l'adversaire. Ou alors, il n'avait tout simplement pas peur de mourir, pour si peu se soucier d'un révolver tenue par une main entraînée. Dans sa main, il présentait le trousseau de clées permettant de dévérouiller les menotes de Road: un joujou pratique, bien évidemment. Il ne devait pas attérir entre les mains du prisonnier, cela allait de sois. Mais.
    Mais Mervay préféra profiter de la distraction occasionnée par le geste de Robert, lorsqu'il lança les clées, pour foncer vers lui et lui éclater la crosse de son révolver sur la tempe. Et de deux. Alors que l'intru s'effondrait, sonné ou inconscient pour la peine, Mervay se désintéressa de lui pour pointer de nouveau son révolver sur Road qui, en toute logique, devait à présent avoir les clées en main. Même s'il s'était auparavant emparé d'Alice, l'enquêteur préférait ne pas négliger ses réflexes de tueur et s'assurer une sécurité plutôt que de plonger pour lui arracher les clées des mains.
    Au même moment, les renforts arrivèrent. Un soldat s'arrêta pour cueillir l'intru et lui croiser les mains dans le dos, alors que trois autres entraient précipitement dans la pièce pour épauler Mervay. Soulagé de ce coup de main un peu retardataire, l'enquêteur se détendit légèrement et laissa glisser entre ses dents:

    - La sécurité est à déplorer ici ...

    Alors qu'on relevait Robert, Mervay prit les devants et rejoignit Road. Il se contenta d'abord de lui faire lâcher Alice en s'emparant lui-même de la jeune fille, avant de la confier à l'un de ses collègues. Dèes que le prisonnier eut lâché la jeune fille, les deux policiers restants se dépêchèrent de le rejoindre pour l'immobiliser et lui retirer les clées.

    - Faites-la soigner, mais ne la libérez pas. Elle a avoué avoir tiré quelqu'un entre les deux yeux, il va falloir se pencher sur la question lorsqu'elle sera tirée d'affaire.

    Il réfléchit un instant, puis se pencha pour ramasser le magnétophone qui était tombé par terre lorsque Road s'était levé précipitement. Il l'arrêta et tendit la cassette à l'officier qui tenait Alice.

    - Ses aveux devraient être enregistrés. Je ne veux pas être responsable de cette affaire: confiez ça à l'enquêteur qui se chargera de son cas.

    Il suivit les deux policiers des yeux alors qu'ils emmenaient Alice et Robert loin de la salle d'interrogatoire. Puis, il se tourna vers Road un instant, en se demandant ce qu'il devait faire de la suite des évènements. Son prisonnier n'était pas dans un bon état: il était faible, plus que d'ordinaire du moins, et probablement plus enclin à parler qu'auparavant. Toutefois, lui-même était las. Épuisé et encore énervé du coup de dents et de la tentative d'agression de Road, il préférait retrouver son calme avant de poursuivre son ''enquête'' qui lui semblait de plus en plus inutile. Cette raclure allait finir fusillé, à quoi bon se pencher davantage sur son cas. Avec un soupir, Mervay finit par se pousser du chemin et ordonna aux deux policiers de ramener Road à sa cellule.

    - J'ai déjà un peu d'information à analyser, on poursuivra demain. Si on continue aujourd'hui il risque de me claquer au visage.

    Il lança un dernier regard haineux au prisonnier avant de commencer à ranger ses affaires, alors que les deux officiers reconduisaient Road à sa cellule.

    [Bwahahah, Imma feelin' Grosbill today 8D]
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